• 1953-2003- Madame Braka et Di Costanzo Gérard

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                          (photo 1)

                            C'est au cours des années cinquante et c'est sur ce piano droit marque "Erard" que j'ai pris assidûment mes leçons. Madame Braka née Coudenys,(1) épouse de Georges, huissier de justice, véritable pianiste  virtuose va me permettre d'accéder au niveau supérieur des auteurs Classiques : Chopin possède un répertoire auquel ses préférences iront jusqu'à la fin de sa vie.Son portrait siège ici entre Beethoven et  Liszt. Très exigeante, elle me transmettra la rigueur et la vertu indispensable à la réussite : le goût de l'effort soutenu. (v.news plus loin). Imaginez un ado, vivant sur la côte Méditerranéenne, tandis que ses copains se baignent, lui montant les gammes depuis l'aube jusqu'à midi.  Il fallait commencer tôt pour que l'organisme s'adapte progressivement à la canicule. Cette école du courage transmise par mes parents et utilisée à bon escient par Madame Braka donnera évidemment des résultats. Sans compter que mon Pygmalion de l'été 1949 sera l'assise nécessaire pour mener loin les acquis.

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                            1953-54 : toutes les occasions seront bonnes pour élargir mon répertoire musical. Activité chorale, piano classique, orgue mystique, programme lyrique comme ici, où j'accompagne Bonomo Jérôme qui vient prendre des cours  chez Madame André. Une année,celle-ci se produira en nocture sur un chaland dans le port de Stora. A cette occasion, on était venu chercher notre piano H.Hertz pour ses exceptionnelles qualités sonores.

                                Mais, c'est sur cet instrument, en ce lieu qu'en 1943, un pianiste Noir de l'Armée Américaine fraîchement débarquée, fera vibrer l'instrument tel que plus jamais je ne pourrai m'en débarrasser: ce sera la découverte du Boogie-Woogie. Il sonne encore aux oreilles. Meuble désossé, la sonorité exceptionnelle contrapuntique par l'exploitation maximale du suraigu et du grave va m'envoûter. Me voilà à jamais bien imprégné. Cette forme pianistique à laquelle je souscrirai,  me permettra de consolider ma main gauche dans les oeuvres transcendantes classiques.

                           

                                 

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                    De l'"Erard" de Madame Braka,  Rue des Aurès à Philippeville (photo 1) à l"'Erard" de mon domicile actuel (photo 3), il s'est écoulé  un demi-siècle. Grâce aux connaissances solides que m'a transmises ma prof, venue droit de Tourcoing, je vais prendre plaisir à écrire des  orchestrations pour les mettre au service d'une formation locale. Formation de jazz, évidemment. Grâce à l'étude approfondie des accords complexes, je pourrai ainsi vite progresser dans les cours d'Harmonie assurés par Monsieur Lauro,  Chef de la Philharmonie et Directeur de l'Institut Musical nouvellement créé.

                 Commentaires : mes quarante ans au sein de l'Education Nationale seront agréables par les échanges et aussi grâce à la Pédagogie, aptitudes transmises par ma grand-mère prof, mais ils seront une rude épreuve, allant jursqu'à la confrontation. Il faudra concilier l'art, si utile à la vie avec la rigueur sèche, dépersonnalisée de ce Ministère qui gagnerait à dépoussiérer un peu sa pensée trop cartésienne au point de la rendre figée, décharnée...Comment concevoir une anthropologie culturelle, la nôtre, en ignorant la culture sensorielle? Il n'a pas été  de bon ton de parler de Sensibilité. Comme un rouleau compresseur, le système martial veut s'imposer autrement. Heureusement, je n'ai jamais abdiqué. Parfois, on s'interroge sur les échecs scolaires....

    (1) Situation providentielle : Mademoiselle Coudenys, sortie diplômée du Conservatoire National de Paris, cru Alfred Cortot, très courtisée par de jeunes collègues du milieu musical, n'éprouvera aucun sentiment pour ces jeunots, à son gré trop naïfs. Le destin a voulu qu'elle vienne passer quelques jours de vacances à Bône. Elle y rencontre Maître Braka, originaire de La Calle. L'alchimie faisant le reste,en quittant Tourcoing, la voilà donc engagée au sud de la Méditerranée. Son mari, nommé à Philippeville installera sa jeune épouse dans ma rue, la Rue des Aurès.  Que souhaiter de mieux pour mes études pianistiques?(Vous pourrez lire la suite dans news).

    (photo 1).  Ce cliché a été envoyé à ma maman par Madame Braka. Elles avaient une complicité discrète, souvent à mon insu, pour me manager. La disposition des meubles est la même qu'à Philippeville. Me Braka ayant obtenu une étude à Koléa (cliché), bien qu'à regret, je pourrai me dispenser des cours. Il ne me restait plus qu'à entreprendre l'interprétation qui termine le cycle.Les évènements du 20 août 1955 vont briser mes élans et contribuer à une nouvelle orientation professionnelle, l'Education Nationale. Sans regrets.


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