• 1958- Baptême de l'air, en mission.

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    Aérogare de Philippeville. Les tôles alvéolées ont été installées par l'armée américaine (2nde Guerre Mondiale)

                        Ordre de mission : rejoindre Djidjelli.  Départ aérogare de Philippeville (ci-dessus).Le pilote  doit strictement respecter l'horaire.Il assure la ligne quotidiennement.C'est un "coucou" de sept places. Marque tchèque, m'a-t-on dit. J'apprendrai aussi qu'il est au bout du rouleau, qu'il ne va pas tarder à être remisé. Ce jour-là, je suis le seul passager à bord. Je fixe ma malle au fond de l'étroite carlingue. Le maître à bord m'invite à utiliser la ceinture pour le décollage. Le temps de me ficeler; me voilà en l'air. Ascendance verticale. Pression auriculaire maximale. Il me parle. Je n'entends rien comme si j'étais atteint d'une surdité totale. Un réflexe, j'avais appris qu'il fallait mâcher pour contrer la pression sur les tympans, je l'applique. Tout redevient normal. Un clin d'oeil  à ma droite et je découvre une agglomération Philippevilloise compacte.(cliché ci-dessous). Je n'ai pas même le temps de localiser ma villa parmi ce foisonnement de maisons. Dire qu'ado je voulais être pilote, je commence à le regretter....C'est grisant. Sur terre pour moins d'altitude on aurait le vertige, ici il n'existe pas. Aucun repère pour vous donner l'échelle des distances.

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               Philippeville, vue d'avion.

               

       

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              Collo, vu d'avion

                          Etre le seul passager est un privilège. Je m'approche du pilote. Il sort une carte aérienne. L'axe est clairement indiqué d'un trait rectiligne en noir. Il me détaille quelques points techniques élémentaires. Il devine l'intérêt que j'y porte. Il s'attarde sur la carte. Tout à coup, il reprend fermement le manche pour sortir de sa ligne. Il ajoute " Ces trombes en spirale ne présentent apparemment aucun danger mais si l'aile essaie d'en traverser une nous piquons du nez sans pouvoir en sortir..." Il faisait un soleil à ravir. Je ne pensais pas courir un tel risque avec une météo si favorable. A vrai dire, j'ai dû compter plus d'une dizaine de ces vrilles à piège.

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               Aérogare de Djidjelli.

                        Atterrissage à l'aéro-club de Djidjelli (ci-dessus). Sitôt, le pied à terre, le pilote m'avoue " Nous l'avons échappée belle;  pour un peu, nous allions au tapis ". Il parlait des tourbillons. Sur ce, pour arroser l'évènement, je l'invite au bar. Nous consommons un savoureux whisky, le meilleur...

                             Hélas! Ce généreux pilote n'échappera pas au pire. Quelque temps après, je croise une famille en deuil devant l'église Ste Thérèse. Il disparaîtra en entraînant sept de leurs membres vers le même destin. J'ai  connu cette famille  dont le nom m'échappe. Avis à ceux qui peuvent m'aider à trouver leur identité. Une pensée à ce pilote anonyme qui me fit découvrir combien Saint Ex pouvait être heureux là-haut, tenant le manche et la plume...


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