• 1962- Agriculture - Etat des lieux et Honneur aux Pionniers

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                    LOCALISATION : nous sommes aux portes de Philippeville, Oued Louach-Beni Melek. Au premier plan, la propriété Di Costanzo Vincent. Au second plan (dans la tête du V routier) la ferme de Cuomo Michel époux Ricci, héritière, plus à gauche celle de Di Meglio que Philippe Di Costanzo acquerra en 1951. Ici, des idylles sentimentales ont procédé au remembrement ou simplement à l'exploitation d'un bien acquis par héritage. Priorité est donnée à la sauvegarde du patrimoine à travers les générations. Utopie? Réalité? A chacun d'en découdre.

                    AIME LA TERRE, ELLE TE LE RENDRA.-Témoignage convaincant de ce peuple qui, à partir d'une forêt est arrivé à exploiter ces terres à mi-coteaux et les rendre fertiles à la sueur de leur front. La main d'oeuvre initiale sera des Européens en majorité Italiens plus précisément des Iliens d'Ischia, puis des Kabyles, vaillants travailleurs et enfin des Arabes. A partir de 1850-60, les plus gros efforts déployés sous la canicule, exposition Sud, seront  de déchausser les bruyères séculaires, leur enracinement demande l'aide d'un mulet ou d'un cheval dressé pour la circonstance. . Mon père Philippe et ses frères Thomas et Pierre découvriront cette  rude épreuve dès leur adolescence, en 1907 sur la parcelle dite "le Communal". La productivité ne sera que plus prospère : rien de plus sûr qu'une terre vierge. Mais cette état de virginité ne saurait durer sans le souci d'entretien. Le sol est généreux. Il l'est si nous nous mettons à son service, à terme par négligence, il  ne peut que s'appauvrir. L'élevage y pourvoira. Rien de tel que le fumier de bêtes pour maintenir la  pleine productivité.  Une anecdote surprenante: sur ce versant, Jean-Baptiste, mon grand-père, a récolté une salade "Romaine" de 7 kg, elle avait poussé le long d'une rigole à... purin!!!.

                                             L'exposition idéale pour les primeurs, l' humus malaxé à l'argile,  la pierre du sous-sol, propice au maintien d'hygrométrie tout cela favorisera la viticulture et l'arboriculture en plein essor sous l'égide de ce peuple qui ne se sent pas désorienté sur ce versant Méditerranéen. Ischia, terre volcanique, a servi d'expérimentation, ici, on passe à l'exploitation. Par dichotomie gustative, il fallait distinguer Raisin de Table et Raisin de Vin. Comment oublier ce raisin muscat, cet "Incomparable"doré, sucré, cette "Panse", ce Cinsault avec arrière goût d'acetone, cet Alfonse Lavallée, pour son jus, ce muscat de Hambourg pour sa saveur particulière, cette clairette pour le vin blanc, cet Alicante pour sa couleur et son tanin... bref, le raisin de vin donnera un nectar  titrant parfois 14°, 15°. Convoitise des viticulteurs de plaine qui doivent se contenter d'une maigre teneur en glucose.

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                             Premier plan : Propriété Di Costanzo Vincent, père de Gilles et Roland ( 2 garçons, 1 fille). Deuxième plan, celle de Jean-Baptiste Di Costanzo époux de Thérèse (5 garçons, 3 filles) . C'est à Jean-Pierre, l'un des enfants que nous devons ces magnifiques vues d'avion. Privilège des plus appréciables. On devine la structure d'une aile aérienne: hélico? Avion? Qu'importe, ce cliché immortalise le travail d'un siècle fourni par des agriculteurs amoureux de leur terre. Troisième plan, la ferme Ghirengelli. Somptueuse, toujours peinte en blanc criard, située à la crête sur les "Quatre Routes", elle domine le versant de l'Oued Louach et du Beni-Melek

                             Plan d'Occupation du Sol (POS).- L'architecture est presque immuable. Les éléments en gigogne témoignent d'une expansion évolutive inhérente à une famille de plus en plus exigeante.  Au départ, on se contente d'un réduit : écurie ou étable suivie d'une cuisine et d'une chambre. Et s'ajoutent par la suite, d'autres salles pour obtenir un meilleur confort. C'est vers le plain-pied que vont les préférences des moins nantis. La terre passe avant la pierre bâtie. Parfois, des propriétaires plus audacieux optent pour une implantation à étage. Il y en aura de plus en plus.

                             

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    Au premier plan , le même propriétaire Di  Costanzo Vincent, et tout près,une maison plus modeste, celle du "Fils de la Vieille", pseudo souvent utilisé pour distinguer les homophones nombreux. Au deuxième plan, à distance respectable, des habitations alignées :


    -1ère: Cuomo-Ricci

    2ème: Ex-Di Meglio- acquise par Philippe Di Costanzo.En limite avec la propriété familiale, Françoise Migliaccio veuve de Pierre Di  Costanzo fera la connaissance de Di Meglio en seconde noce.

    3ème : Sultana parent de Xavier camarade de classe. Famille maltaise, active aux aurores. Je ne m'étonnerai plus que le fils scolarisé éprouvait des difficultés à concilier métier astreignant et contraintes scolaires.

    4ème: Borg; Rappelez-vous :  gallinacé vaniteux, un  paon sur le toit, étalant son magnifique plumage par sa vigilance de gardien avisait le propriétaire de tout intrus.

                 ETHNOLOGIE.-Au fond, se dessine l'ébauche d'une nouvelle ère. Le Plan de Constantine voulu par De Gaulle, tentera de résorber la forte demande de logements. En vain, aujourd'hui, encore, malgré les importants investisssements, les insatisfaits sont nombreux et se manifestent. Cette carence se justifie par le taux de natalité conjugué à l'exode rural sans cesse croissant. Bref, en peu de temps, la cité va sortir ses tentacules et dévorer toutes les terres cultivées jusqu'à la lisière des forêts peu cultivables. Cette substitution, bien qu'universelle,risque de se retourner un jour contre le citadin . La polyculture s'adapte moins bien sur les massifs forestiers où l'eau se raréfie. Ainsi, plus d'ensembles populeux que de plantations, il va falloir trouver une solution pour nourrir ces skikdis au taux de croissance exponentiel. Jamais, au cours de son histoire, ce pays ne s'est trouvé devant un tel problème. Le fellah ou agriculteur se contente de son lopin de terre pour les besoins personnels. Il vendra le surcroît. Est-ce suffisant?

              OBSERVATIONS.- Après avoir savouré une Indépendance légitime à laquelle tout peuple aspire, il va falloir que celui-ci fasse le bilan. Il est important qu'une émancipation soit suivie d' autonomie. Celle-ci n'a pas l'air de se manifester , l'énergie fossile fait écran : trop d'importations paralysent l'expansion économique en harmonie avec la population. La générosité de la terre a été oubliée ou sous-estimée. Je ne vois plus d'agrumes inonder les marchés Européens. Pourtant, le label ne trouvait aucun concurrent planétaire. La Tunisie a réagi, elle commence à nous montrer un marché pénétrant : sur les étals, je découvre des oranges Sanguines Maltaises,d'une inégalable saveur. Elles étaient les préférées de mon père alors producteur dans les plaines de Saf-Saf (1927-43) , essentiellement de St-Antoine (1944-50) ou dans les alluvions de l'Oued Louach (1947-62). L'OFALAC, organisme de contrôle, par son extrême rigueur ajoutait à la garantie exportatrice.

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                    VOCATION EXPORTATRICE. Témoin d'une production pléthorique, ce cliché illustre combien Philippeville abondait en fruits et légumes. Auran (à g.) propriétaire du cinéma Empire et du restaurant "Beau Rivage" à Jeanne d'Arc, a compris qu'une brèche était ouverte entre les deux rives de la Méditerranée. Il est né dans la cité phocéenne et a épousé une fille Di Costanzo.L'exportation va inspirer d'autres membres de notre famille : Balestrieri Jean associé à Gianesini ( v. plus loin), plus à l'intérieur, à Constantine, Fiorentino sous le label GAF -( les frères Georges et Albert) va donner une dimension particulière. Le chef-lieu, plaque tournante commerciale, centralise les collectes effectuées auprès des différents mandataires parfois loin de la côte (exemple :Balestrieri Jean, oncle de son homonyme a déserté la côte pour Cirta) et dépose les exportations sur les quais de Philippeville à destination de Marseille.

                              Ainsi, l'agriculture atteindra en 1962 la pleine prospérité. En 1838, les principaux clients seront les Garnisons, auxquelles s'ajouteront graduellement les consommateurs civils - administratifs et commerçants. Les besoins devenant croissants , l'émulation orientera les agriculteurs vers une production créatrice  variée et  compétitive. Inévitablement, on s'achemine vers l'Exportation à grande échelle. Celle-ci sera mieux admise par la Métropole quand les produits seront exotiques, tels que les agrumes. Pour le vin, un contingentement plafonné à 15 millions d'hectolitres ne pourra être consommé uniquement sur le sol algérien. Le degré hecto fort élevé servira de coupage au vin métropolitain.


  • Commentaires

    1
    gvodan
    Lundi 14 Novembre 2011 à 10:02
    bonjour,la ferme de ma grand mère était limitrophe de celle de Balestrieri , Gatt et Sultana, voyez vous ou cela était ?amicalement julien , limoges
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    getanzo Profil de getanzo
    Lundi 14 Novembre 2011 à 23:59
    Je réponds à gvodan au sujet de la situation de la ferme de sa grand-mère. Il faudrait qu'il me précise le lieu-dit ou zone dont il s'agit. Depuis Stora jusqu'à l'Oued Qasbâ, en passant par le Beni-Melek, l'Oued Louach, combien d'homonymes peut-on trouver. Cordialement. Di Costanzo NB.- J'ai connu un Gévaudan qui habitait au faubourg de l'Espérance face au garage d'Achille Di Meglio, notre mécanicien. Sa propriété était située à l'Oued Louach. Hélas! On le comptera parmi les victimes du conflit.
    3
    gvodan
    Vendredi 18 Novembre 2011 à 23:42
    bonjour, Je vous écris car je voudrais savoir si vous aviez d'autres photos des fermes alentours, des vues d'ensemble, car ma grand-mère habitait à la carrière romaine, ferme Challéat , je voudrais vous joindre par mail une photo du lieu. Ma grand mère connaissais très bien joseph ballestrieri, son "ange gardien" pour elle et son frère, et une de ses meilleures amies était rolande balestriere épouse de Denis Dambo je crois. Merci d'avance pour votre aide
    4
    gvodan
    Samedi 19 Novembre 2011 à 18:45
    Bonjour, encore moi, j'ai oublié de vous préciser que ma grand-mère s'appelle Suzanne (de naissance Juliette) Yacono, mariée à Jehan Pierre
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    Hassino
    Mardi 27 Décembre 2011 à 09:07
    Bonjour, Est ce qu'il s'agit de JAVODA un ancien proprietaire de oued Louach ? Salutations,
    6
    Hassino
    Mardi 27 Décembre 2011 à 09:07
    Bonjour, Est ce qu'il s'agit de JAVODA un ancien proprietaire de oued Louach ? Salutations,
    7
    Hassino
    Mardi 27 Décembre 2011 à 09:08
    Bonjour, Est ce qu'il s'agit de JAVODA un ancien proprietaire de oued Louach ? Salutations,
    8
    Hassino
    Mardi 27 Décembre 2011 à 09:12
    Bonjour, Est ce qu'il s'agit de JAVODA un ancien proprietaire de oued Louach ? Salutations,
    9
    Hassino
    Mardi 27 Décembre 2011 à 10:30
    Bonjour, Est ce qu'il s'agit de JAVODA un ancien proprietaire de oued Louach ? Salutations,
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    gvodan
    Mercredi 28 Décembre 2011 à 17:34
    bonjour, non je ne suis pas un Javoda, c'est juste un pseudo.Par contre j'ai l'impression que personne ne répond à mes requêtes, c'est bien dommage, cordialement et en espérant que quelqu'un puisse me renseigner, mon mail: gvodan@hotmail.com
    11
    rené CUOMO
    Lundi 20 Octobre 2014 à 17:34
    C'est avec beaucoup d'émotion et de souvenirs que je viens de découvrir ce site. Il y a des photos qui m'interpellent. Ce sont celles de l'Oued Louach où il y a la ferme de Monsieur Vincent DI COSTANZO que j'ai connu puisque je venais chez mon oncle Michel CUOMO et ma tante Marie RICCI. Mon oncle était le frère à mon père Jeanjean et nous habitions à la ferme de monté cristo, derrière l'église Ste. Thérèse au Fbg. de l'espérance. J'y venais donc très souvent avec Papa et parfois je restais une semaine à la période des vendanges où mon oncle transportait le raisin pour être écrasé. Je me souviens que Nadia DI COSTANZO venait voir ma tante afin quelle lui apprenne la broderie. Mon oncle possédait un superbe cheval percheron du doux nom Tartarin. Voila en deux mots mon récit, je suis né en 1948 et suis resté jusqu'en juin 63. Mon oncle et ma Tante avait un Mas à Maillane (13) en associé avec Georgeo DI COSTANZO. Ils sont enterrés avec leur fille et un petit fils à Sorgues (84). En même temps c'est une façon pour moi de leur rendre hommage.
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    getanzo Profil de getanzo
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 16:03
    Réponse à René Cuomo. Tout d'abord pour obtenir des illustrations plus importantes, vous pouvez me contacter en utilisant mon adresse E-Mail. Michel Cuomo époux de Madame Ricci était bien notre voisin le plus proche et le plus fréquenté par ma famille. Leur fille mariée à Conte ne rêvait de se produire en chant. Quant à Michel, j'ai appris qu'il est décédé nonagénaire dans la région PACA. Dans mes archives, je possède d'autres clichés sur l'Oued Louach. NB.- Je vous réponds tardivement en raison de mon déplacement ces jours-ci.
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