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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1851-1930 - Di Costanzo Jean-Baptiste (prénom fêté aujourd'hui)=

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PhotobucketPhotobuckett (cliquez sur chacun des clichés)

           Barano d' Ischia vers 1960(àg.)                                                                                   

                                                 Chronologie.
1851- (25 février) : naissance de J-B à Barano d'Ischia (île volcanique face à Naples). Il était le quatrième du rang d'une famille comprenant 6 garçons (dont un mort jeune) et une fille. Voici les noms
de ses frères et soeur : Pascal, Nicolas, Philippe (1844-1918), Joseph (1854-1909), François et
Marie.
.
(Barano d'Ischia, vers 1960)
1855-60 : dès l'âge de 4 ans, il souffre de l'absence de son père Antoine, parti à Philippeville. Faute de recettes du vignoble atteint de l'oïdium, le chef de famille s'expatrie pour travailler sur la construction de la ligne de chemin de fer (v. plus loin)
1860-70 : pré-adolescence et adolescence difficiles : la présence d'une marâtre lui devient insupportable.
1870 : depuis le petit port de San Angelo (Ischia)

(le port de San Angelo)

, il part pour Philippeville avec une seule chemise sur le dos. Traversée houleuse. Echappe à un naufrage. 1 mois de traversée au lieu de six jours. Ne sachant pas nager. N'ayant jamais pris le bateau, il résiste aux nausées mieux que l'équipage.
1870... : on suppose qu'il travaille d'abord comme ouvrier agricole. Au début,avant de faire appel à une main d'oeuvre locale,  les bras sont d'abord Italiens, par services réciproques. L'agriculture est prospère. Les terres vierges. Les garnisons sont demandeuses...La tentation de faire recettes est grande.
1871 (?):  auprès de Sierzputowski, et sur le territoire des "Quatre-Chemins", il loue avec ses 5 frères une parcelle de forêt d'une superficie d'un demi-hectare (5 000 m2) Il faut donc défricher et vivre. L'épicier accepte de leur faire crédit à l'année.
1872 : voyant l'exploit des frères, le Polonais leur vend 2ha1/2 individuellement, lesquels ajoutés à la première parcelle, totalisaient 3 ha chacun. Mais ils étaient solidaires des dettes. Situation peu recommandable.(Le croquis ci-dessous fait partie d'un manuscrit sommaire sur la vie de nos ascendants. Nanette, fille aînée de Thomas, avait demandé à son oncle Philippe d'écrire sur la mémoire de nos parents. Aujourd'hui, ce schéma que j'ai colorié pour faciliter sa lecture prend une valeur considérable sur l'histoire de notre famille. A noter que la légende ne précise pas à quoi correspondent  les impacts rouges : ils indiquent les maisons acquises par Jean-Baptiste)



Photobucket1873 : calamités diverses. Jean-Baptiste acquiert la part de Nicolas.
1880 : construction de sa première petite maison (1 pièce + 1 cuisine)
1885 : (26 janvier) mariage avec Marie-Anne Balestriero (1862-1937). Elle m'a connu, j'avais 2 ans quand elle mourut à Philippeville.
1885 : (9 septembre) naissance de Brigitte leur fille aînée. Naîtront ensuite : Antoine (1887-1890), Philomène (1889-1982), Thomas (1892-1933 ), Philippe (1894-1882), Pierre (1897-1927 ), Marie (1900-1956 ) et Thérèse (1906-1996).
1893-1900 : le phylloxéra. Rude épreuve. Humiliation par l'administration qui impose la destruction de tous les ceps gorgeant de grappes en pleine maturité. Les prisonniers de droit commun s'en retournent le soir chargés de tout ce que la propriété pouvait produire de meilleur. Tous les prétextes sont bons : pour eux, seuls décideurs, même la salade est atteinte. Honteuse décision. Quand l'expérience de l'Amérique victime elle aussi du même fléau en
1867 a bien défini ce qu'est le phylloxéra, comment peut-on pêcher par ignorance, 30 ans après? On aurait dû retenir l'expérience d'Outre-Atlantique : il s'agit  de la racine nécrosée. Aucun danger pour la consommation.(Je rappelle que par la suite toutes les variétés de vignes seront greffées sur plants américains, réfractaires au phylloxéra).
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Nous sommes en 1903,  Thérèse la dernière n'est pas encore née. Derrière, de  g. à dr.  Brigitte ( 18ans) -  Thomas (11 ans) - Philomène (14 ans)  Devant : Philippe mon père (9 ans) ses yeux bleus lui donnent un regard bizarre sur une photo NB. , Marie (3 ans) et Pierre (5 ans)
1906
: acquisition par Jean-Baptiste d'une propriété sur laquelle, la bâtisse correspond le mieux à la famille devenue nombreuse. On la désignera par la maison de Noël. (Ci-dessous). Ce cliché pris en 1980 par Alain Di  Costanzo met en évidence l'abandon de la viticulture. Il reste çà et là quelques néfliers et oliviers. Sur la parcelle communale , on voit arriver l'urbanisation galopante. Aujourd'hui, plus un seul m2  n'est disponible sinon sacrifié en terrain bâti.Photobucket(cliquez)

(cliché pris par Alain Di Costanzo en 1980 : retour en friche d'une terre fertile)
1909: location  de la parcelle de 7ha. dite "Le Communal". Forêt formée entre autre de bruyères aux souches bien enracinées. Rude expérience imposée par un père qui veut se rassurer sur la capacité à opter pour le métier d'agriculteur.
         - "Allez-y mes enfants, montrez-moi ce que vous savez faire". Jean-Baptiste a commencé par le défrichage, il veut que ses trois fils fassent leur preuve. Fiers, finissant la journée exténués, ils ne baisseront pas les bras. Plantation d'oliviers.
Fier.Volontaire. Chef de famille. Rien ne lui résiste. Les épreuves l'ont éprouvé. La réussite lui sourit. Elle n'est, hélas, que provisoire.
1913 : premier appel sous les drapeaux de Thomas.
1914 : déclaration de guerre. Sitôt démobilisé,  l'aîné bénéficiera d'un mois de perm pour repartir aussitôt au front. Philippe et Pierre le suivront. La famille prend du plomb dans l'aile.
1918-19:  1 mois après sa démobilisation Thomas épouse Ursule Portelli. Suivront tous les autres. L'ordre des unions suit le plus souvent le respect de la tranche d'âge.
1927 : perte de son fils Pierre de la grippe espagnole.
1929 : Jean-Baptiste avait acquis trois belles propriétés de plusieurs hectares, une pour chacun des garçons. La règle veut que l'on indemnise les filles. Mais...Mais... Pièce rapportée, pièce destructrice. Le patrimoine vole en éclat. Thomas et Philippe quittent les terres familiales pour l'achat d'un domaine important de 105ha situé à Saf-Saf. Ils veulent éviter la discorde. Ce n'était pas ainsi que J-B avait envisagé les attributions.
1930 :. l'épreuve est dure. Jean-Baptiste voit ses biens lui échapper, il décède dans l'amertume.

         Le jeune homme de 19 ans, Jean-Baptiste qui foule le sol Philippevillois avec une seule chemise sur le dos réussit son pari. Ses assises agricoles sont on ne peut mieux réussies. La tombe familiale honore les Morts, symbolise l'enracinement mais aussi témoigne d'une réussite sociale. Car même sur ce lopin de terre,  symbole du passage éphémère ici-bas,  l'homme aime montrer qu'il a réussi socialement. Cette coutume est largement respectée autour de la Méditerranée. En 1956, la dernière enterrée sera ma marraine Marie Balestrieri née Di Costanzo. On s'épie, on se toise : à qui le tour? Le caveau conçu par J-B est déjà plein. Le destin fera que six ans plus tard,  la famille dispersée sur le sol métropolitain n'encombrera pas le tombeau familial.




Le patriarche le plus actif de notre lignée sur le sol Algérien, Jean-Baptiste mérite une page sur une biographie qui ne peut que vanter ses mérites. Voici extrait de mon livre sur l'"Odyssée des Di Costanzo."                    PORTRAIT DE JEAN-BAPTISTE.

                 
Portrait physique: je sais pour l'avoir appris qu'il n'était pas très grand de taille. Ce qui était courant à l'époque. Son visage barbu le faisait ressembler à Gounod, notre compositeur. C'est ce que le visiteur reconnaissait en lui lorsqu'il venait à la villa et qu'il découvrait le cadre suspendu au mur.
             
Portrait moral. Moins patient que son fils Philippe. Il est illettré : il n'est pas allé à l'école mais il prendra soin d'y envoyer les siens, sans exception, filles et garçons. Il ne négligera pas l'apprentissage de la musique de ses 3 garçons.  En trio fraternel, ils auront une certaine notoriété dans le milieu rural. Il possède un sens de la pédagogie active tel qu'il pourrait en apprendre à tous les théoriciens que j'ai rencontrés. Eprouvé dès sa jeunesse, il possède une philosophie de la vie qu'il saura transmettre à ses enfants.
                      Il ne fait aucun doute : Jean-Baptiste, chef incontestable, dès le départ, a su tisser une structure familiale très soudée. Di Costanzo, dit "pédénès", ainsi surnommé, a une forte personnalité. Ce surnom, il le doit à sa réputation surprenante : convoqué devant le tribunal pour conflit avec son voisin - il s'agissait d'un litige sur la mitoyenneté - il se défend seul avec une telle détermination que ses arguments "font mouche". Bravo Jean-Baptiste! Tu nous a "donné de la graine". A l'époque, l'assistance d'un avocat n'étant pas obligatoire ne fait qu'augmenter ton mérite. Les dispositions de Cicerone que tu nous a transmises nous ont été de la plus grande utilité.
                       Jean-Baptiste est animé d'un désir farouche : il ne veut plus revivre ou faire revivre les épreuves qu'il a subies à Ischia. Là-bas, sa marâtre, deuxième épouse de son père a eu des enfants de son premier mariage. Selon ce que j'ai entendu, elle montrait plus de dispostions pour sa propre progéniture que pour celle d'Antoine. Est-ce la jalousie? Est-ce l'injustice? Le mélange d'enfants va lui devenir insupportable. Son adolescence a dû être terrible, il s'expatrie vers l'Algérie....
                De J-B, nous ne possédons aucune trace de ses tout débuts sur le territoire algérien. Son engouement pour le travail, ses qualités d'économe vont lui permettre de vite agrandir son patrimoine. C'est un battant, il va accroître ses biens d'une façon qui me surprend encore. Parti avec une seule chemise sur le dos....il finira possesseur de trois propriétés. A cette réussite, sa vaillante épouse Marianne n'est pas étrangère.


                              L'ESPRIT DE FAMILLE DES DI COSTANZO;
                             

                              De lui, je n'ai retenu que ce que papa m'a transmis par bribes de phrases. Je ne l'ai pas connu mais sa personnalité ne peut être occultée, tant il en possède une forte. On n'échappe pas à sa présence constante à travers ces lignes. Son portrait (ci-dessus) a trôné dans ma chambre à coucher. Son regard imposant, sarcastique, malicieux a été si présent qu'il m'a fallu décrocher le cadre pour protéger mon couple. Quel sacré bonhomme que ce Jean-Baptiste! Il a fini ses jours plus jeune que son père Antoine et que son fils Philippe. Vers la fin de ses jours, son taux d'urée est la cause de certaines crises de fureur que papa, compréhensif lui pardonne. Son analphabétisme ne l'a pas empêché d'être doué d'une perspicacité particulière. Il est de mon devoir de citer quelques-unes de ses devises savoureuses:
      Citations sur la prudence, la méfiance : " Mes enfants, disait-il, imaginez que vous ayez une queue de paille, votre devoir est de surveiller que personne ne l'allume à votre insu....Soyez donc vigilants!
      Autre citation sur la réussite : " Le jour où l'on vous jalouse, sachez que vous avez réussi."..En effet, on n'envie pas ...la médiocrité ou l'échec.
      ...sur le voisinage : " Mieux vaut une mauvaise année qu'un mauvais voisin. " La mauvaise année ne sera que provisoire mais pas le voisin...
         Encore plus surprenant pour un illettré : "...Si vous voulez progresser, fréquentez des gens plus instruits, plus intelligents que vous".

                             ORGANISATION AU SEIN DE LA FAMILLE.

                        
Dans une famille nombreuse, on  s'organise un peu comme dans une fourmilière hiérarchisée. Sous l'autorité du père Jean-Baptiste chacun participe aux tâches qu'il répartit. Lui, il s'occupe de la surveillance du chantier d'ouvriers, essentiellement des Kabyles (1), les enfants s'impliquent aussi. Son épouse Marianne au marché jusqu'à 13h. est remplacée en son absence par l'aînée Brigitte. Pour entretenir ce "petit monde", il n'existe ni lave-linge, ni lave-vaisselle, ni électricité, ni eau courante. L'eau se tire au puits, seau par seau. Pour la toilette, une baignoire en zinc, article de luxe, dans laquelle on verse de l'eau chaude grâce au chaudron suspendu à la crémaillère de la cheminée, appartient à des familles privilégiées. Plus de vingt ans après, au début du mariage, papa, encore privé d'eau courante bricolera une installation de fortune pour alimenter directement la maison, il utilise une pompe Japy à main. Son goût pour le "Système D" l'a toujours animé.
            La famille Di Costanzo compte huit enfants. Leur date de naissance s'échelonne ainsi :  née en 1885 c'est l'aînée Brigitte, suivra Antoine en 1887 mais il décède à l'âge de 3 ans. Philomène est née en 1889, Thomas en 1892, Philippe en 1894, Pïerre en 1897, Marie en 1900, enfin la dernière, la "chouchoutée" Thérèse en 1906. Lorsque l'aînée se marie à 18 ans, cette dernière n'est pas encore née. L'équivalent d'une génération sépare l'aînée de la dernière. Tous les dimanches, vers 13h., elle vient à la rencontre de sa maman Marianne jusqu'aux "Portes des Aurès" : elle a droit à son éclair au chocolat, faveur que les aînés n'ont jamais connue.
             Si les aînées sont impliquées dans les tâches ménagères, les garçons, eux apprennent à participer aux travaux des champs : trier les fruits et légumes, tout jeune, c'est participer au monde de l'adulte, on s'en félicite. Par contre, pour chaque repas, mettre le couvert appartient aux garçons et aux filles. Petits, nous quatre mettions la table à tour de rôle, une erreur de tour n'était pas permise. Cette organisation vient de papa. Il est issu d'une famille plus nombreuse que maman. 
            Dehors, devant la maison l'étalement des produits récoltés apporte toujours une grande satisfaction au chef de famille. Tous les efforts se concrétisent là, on a un soupçon de fierté. Le trio Thomas-Philippe-Pierre met aussi la pression; c'est ainsi qu'ouvriers, enfants, tous placés sous l'oeil vigilant de Jean-Baptiste, trient, calibrent. Marianne prise par ses travaux d'intérieurs, délaissera momentanément sa tâche pour apporter une dernière touche à la présentation des produits destinés aux marchés de gros et de détail. Elle règle et peaufine, elle a sa méthode : le client est roi, elle connaît ses caprices, ses exigences. Pour la finition, dans tous domaines, la main féminine est très qualifée, elle s'attache aux détails. Papa, admirable synthèse du père et de la mère, sera à même de reconduire leurs aptitudes.
               Comment échapper à cette formation professionnelle? Philippe possède là un réservoir d'idées exemplaires : il saura les faire prospérer et même les distribuer. Les talents qu'il a reçus, il les a portés aux firmaments.
                        _________________________________________________

(1).- Le Kabyle, habitant de la Kabylie est actif, intelligent et volontaire. S'il s'est réfugié sur les reliefs c'est pour mieux se protéger des envahisseurs. Les derniers que j'ai vus sur le chantier de papa étaient chaussés de peaux de moutons ficelées du talon aux orteils. Peu esthétiques mais quelle efficacité en hiver contre les pieds gelés. Jean-Baptiste et Philippe n'ont connu que lui comme ouvrier agricole. Ce dernier parlait couramment la langue. Elle se différencie de l'Arabe. (ex: pour désigner le pain, le premier dit "aghroum" le second "khobz"). De ce fait, Philippe parlera mieux le Berbère que l'Arabe. Le Front Populaire verra ce dernier prendre le relais pour les travaux des champs. Son patrimoine culturel, s'il a bien survécu par tradition orale, a eu des difficultés pour  conserver  les écritures. Il a pu retrouver son alphabet grâce à sa poterie. Les caractères ressemblent quelque peu à des hiéroglyphes.(v. dans mon blog "Articles" le tableau comparatif entre l'alphabet Kabyle et l'alphabet Arabe).

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