Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
n°1- 1927 : la famille Raux au balcon avec la ville à leurs pieds.
n°2 - 1959 : façade exposée au Nord. Après les bombardements de 43 jamais plus on ne pourra bien verrouiller les volets. Les bourrasques du Nord mettaient en péril cette trop large fermeture. Les planches inesthétiques au premier plan clôturent le chantier "Bel Air", ensemble de 96 logements.
n°3- 1959 - façade Ouest donnant sur la Rue des Aurès, avec Marie sur le perron. Cette issue nous mettait en contact direct avec la population indigène très chaleureuse avec nous.
n°4- 1935-43 - les enfants orphelins de leur père Thomas.
n°5- 1945- Madame Coppola qui succéda à la famille de Thomas.
n°6- 1945 - Madame Coppola avec ses filles Francette et Micheline
n°7- 1945 - Albert Di Costanzo et Micheline Coppola- dans la cour abritée et très ensoleillée, lieu de rencontre.
n°8- 1958- Albert et Marie Di Costanzo (frère et soeur, nés dans cette villa)
n°9- 1960- une partie de l'orchestre de Jazz Estudiantin, avec Georges Noïque, Gérard Di Costanzo et Gaby Teuma.
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Philippeville 1927-1928, la maison Raux
Histoire d'une villa de maître. Histoire de mes Racines.(1)
1926 (environ) construction d'un ilôt de 3 maisons par la propriétaire Madame Raux.
1927-35 : occupation par les propriétaires (cliché) qui se retireront à Alger.
1935 - 1963 : occupation par les deux familles Di Costanzo. Celle de Philippe au premier et celle de feu Thomas au rez-de-chaussée.Le décès de Thomas frappé en pleine jeunesse laissera 5 orphelins. Ils y seront jusqu'en 1943.
1938 - (8 octobre) - Naissance de Marie-Madeleine Di Costanzo. Accouchement effectué au domicile assisté par le médecin-chirurgien Roger Ricoux.
1941 - (19 janvier) - Naissance d'Albert Di Costanzo, toujours dans les mêmes conditions que Marie.
Année 1943 : la villa sera désertée durant quelque temps en raison des bombardements allemands qui mettent le quartier en danger. Les rats sont à la fête, l'almanach de cette année-là sera à moitié dévoré tandis qu'il était accroché bien haut au mur, les feutres du piano ne seront pas épargnés par les mites voraces...Cette désertion se justifiait après la bombe tombée tout près. Elle fit voler en éclat vitres, portes, encadrements, serrures. Atroces souvenirs. La grand-mère Philomène Balestrieri, la téméraire, ayant voulu rester à l'étage reçut des éclats de verre sur son lit. Amour propre atteint, visage ensanglanté par les débris... Elle aussi se résolut à rejoindre la campagne.
1943- 1953 : La famille Coppola -( elle, prof d'EPS au Lycée Maupas puis Surveillante Générale*; lui, cheminot au chemin de fer Algérien) -occupera le rez-de-chaussée au départ d'Ursule épouse de Thomas.
1953 - Occupation de la totalité de la villa par ma famille. Le rez-de-chaussée sera loué par Gérard et Aimé. On disposera ainsi de plus d'espace, décision devenue nécessaire à notre âge avancé d'adolescent. C'est en ce lieu que la formation de Jazz Estudiantin prendra racines.
1963 - Tich-Tich à son tour va occuper la totalité jusqu'à ce jour.
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(1).Comment ne pas évoquer les souvenirs les plus forts de ma jeunesse. Les drames, les fêtes, l'amitié, les sentiments d'ado, la musique, le cadre idyllique méditerranéen, tout cela pourrait rentrer dans une oeuvre avec les mêmes émotions que le 'Grand Meaulnes". Aussi paradoxal que cela puisse paraître avec comme toile de fond, la guerre. Plus de la moitié de ma jeunesse marquée par la tension entre les hommes. De 27 ans, âge où j'ai quitté le pays, je dois en ôter 14 au compte des conflits . Et pourtant, par delà les malheurs, subsistent les souvenirs de jeunesse.Intacts. Fraîchement conservés. De plus en plus en relief avec l'âge. De plus en plus émouvants. De plus en plus irréels. On en vient à confondre le récit avec la légende tant les évènements de jeunesse ont pris de l'ampleur avec le temps.
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Le cliché n°7. 1944-45, ils n'ont pas encore 4 ans. Cette magnifique photo que m'a fournie Francette Coppola, aujourd'hui Madame Muscat , sublime la franche camaraderie qui a marqué dans une villa partagée la cohabitation des familles Coppola et Di Costanzo. L'heure du goûter, les jeux, les histoires vraies, les histoires inventées, la vérité et le mensonge par affabulation infantile nourrissaient nos échanges. Les écoles n'étaient pas encore mixtes, on trouvait là un milieu favorable à découvrir l'autre. La psychologie féminine ou masculine ignorée à cet âge va servir pourtant pour le restant de l'existence. L'innocence, la naïveté et la fraîcheur de cette jeunesse saine sont un gage pour nous conforter : il existe une autre vie que celle reflétée par les medias. Ils nous abreuvent et s'abreuvent de perversions, de déviations au point de bafouer le socle indispensable à l'adulte : sa jeunesse, la véritable, celle que nous avons connue à la villa Rue des Aurès à Philippeville. Bagage fort utile au cours de ma carrière de pédagogue.
* Madame Coppola que j'honore ici, terminera sa carrière comme S.G. dans un Lycée de Grenoble. Selon, le témoignage de ma belle-soeur Jocelyne, elle fut à la hauteur de sa tâche. Elle était capable d'autorité. Elle a su se faire respecter. Disposition exigée pour tenir un Etablissement de cette envergure. Le couple Coppola se complétait bien. Chaque année, les Coppola partaient durant les vacances d'été animer des Colonies à Modane, si mes souvenirs sont exacts. Durant leur absence plutôt que de laisser leur appartement inoccupé, avec l'accord de la propriétaire Madame Raux, leur amie, ils sous-louaient à des familles de l'intérieur du pays. Celles-ci cherchaient à échapper à la chaleur suffocante de l'été continental. C'est ainsi que la période estivale nous permettait de connaître des familles de passage. Chacune d'elle apportait une nouveauté dans la manière de vivre. Ce fut les Sabourin,... les Bourge de Jemmapes, les X...de Biskra, les Fromont de Tolga. Sans conteste, ce fut une richesse que de découvrir d'autres voisins dans ce système de cohabitation. Je ne cesse de le répéter, sans ces occasions d'ouverture, je serais resté un pianiste médiocre.