Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
Instantané banal ? Pensez-vous! Ce cliché immortalise ces savoureuses récréations dans un cadre unique. C'est Claude Dufénieux, le goal téméraire qui plonge pour arrêter le ballon. Téméraire? Oui, car il faut de l'audace pour se jeter sur un sol aussi râpeux qu'une râpe à fromage et aussi dur qu'une dalle de béton. Nous sommes loin du gazon Anglais. Ce terrain que les élèves ont terminé à la pelle et à la pioche après le passage du bulldozer, ils l'ont gagné avec beaucoup de mérite. Ce privilège devrait être celui de tout élève pour qu'il se réalise pleinement dans la vie. Le point de vue sur la ligne d'horizon de la Méditerranée et l'aspect bucolique des terrains vierges environnants en valaient la peine. Rétrospectivement et par comparaison avec les établissements que j'ai connus, combien peuvent-ils se vanter d'être si bien situés?
A gauche, assis sur le banc et mi-caché, je reconnais les jambes tendues de Marcel Formosa (chaussettes blanches).
Mais le clou de la scène est certainement le Frère Arnolf avec son casque colonial. C'est son poste de surveillance. Il n'abandonne jamais des yeux l'ensemble de ses élèves de 4° et 3°. Son rôle est très actif. Il applaudit lors d'une belle phase de jeu. Pour créer plus d'engouement, il a divisé sa classe en 2 équipes avec mise à jour quotidienne du score et du goal average. A la fin de chaque trimestre, il tire au sort, un objet, souvent un ballon"réglementaire" qu'il offre; seule, l'équipe gagnante a droit de participer au tirage. D'origine Flamande, il dissimulait pudiquement ses sentiments envers ses ouailles ; nous apprendrons sa mort en 1965, mort chagriné de ne plus voir ses anciens élèves qui l'admiraient. Ils avaient tous rejoint la Métropole.
En arrière plan, le fameux jardin potager entretenu par tous les profs. Mais, là, c'est à Eugène le directeur que revient le "pompon". Sa passion pour la terre est étonnante. C'est grâce à ce penchant qu'il a installé ici un Eden. Initialement, il était professeur agricole dans la région d'Alger. Au cours de sa vie, il sera un bâtisseur hors du commun. Après avoir transformé une clinique en école modèle, on fera appel à ses compétences pour un plus grand ensemble à Casablanca. Il a réussi à transmettre à ses élèves ce goût de la réalisation pratique. Faut-il le rappeler, n'est-ce pas cette aptitude qui manque aux jeunes bardés de diplômes mais désarmés face aux exigences du marché international? Le pire des maux est d'observer que les enseignants ont formé des générations de "petits enseignants".....(no comment)