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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1955- Vue imprenable sur la ville=

Photobucket(cliquez : cliché de F.Ruopoli)
C'est une prouesse que d'avoir pu prendre cette photo du haut du "minaret" de l'Hôtel de Ville. Cette vue plongeante me rappelle de délicieux souvenirs comme de dramatiques.
                    Commençons par l'évènement le plus triste. En cette belle journée d'été 1946, le Club Philippevillois de Spéléologie offre une démonstration s'inspirant plus de l'alpinisme que des prospections de grottes. Il a choisi l'ascension de la Tour vertigineuse du bâtiment officiel. Plusieurs  émules se hasardent à grimper à l'aide d'une cordelette mue par un moulinet qui est conçu pour. Mais, devant la foule en émoi, un malchanceux voit son filin coincé dans l'engin à manivelle ou treuil individuel. Le voilà suspendu dans le vide. Aucune échelle. Aucun moyen pour le secourir. Interminable moment angoissant pour tout le monde. C'est à la suite de longs efforts qu'on arrivera à le libérer. Faisait partie de cette démonstration, mon cousin René Balestrieri (+ 1949) passionné de spéléo. En effet, les  fréquentes aventures souterraines qu'il prenait plaisir à nous raconter
 sont la preuve qu'il ne souffrait ni de claustrophobie et..ni.de vertige.
                         Ensuite, au premier plan, les parasols si appréciés en été ont connu nombreuses  péripéties. Une anecdote  que je voudrais rappeler est celle où l'orchestre Bourge animait une soirée. Consommer le soir par un magnifique clair de lune, bercé par une légère brise marine, un rêve que l'on voudrait voir s'éterniser!...  Son bateau à quai, vint à passer un Américain Noir (1) excellent  trompettiste. Il emprunta spontanément l'instrument  pour souffler d'une façon magistrale en présence de la foule médusée. Bourge lui céda généreusement l'embouchure. Une sonorité chaude sortit du fond de ses tripes. Inégalable dans le vibrato. Ce son divin qui trouva écho contre les parois de la Mairie, se répandit sur l'alentour en gagnant la Place Marqué. "I-nou-bli-able". Le jazzman eut le même impact que le fameux pianiste de couleur qui entama un Boogie-Woogie endiablé pour me marquer à vie. La scène se passait chez Madame André, Rue des Aurès. Je n'avais que huit ans. C'était en 43. Ce sera ma forme pianistique préférée pour créer de l'ambiance.
                         Un autre pôle d'attraction me paraît être la Librairie Ferrer, marqué de son nom, le  store baissé à gauche du cliché. La patronne,
gestes sobres, rivée derrière son comptoir ne perdait aucun détail du client en quête de journaux. De l'index, elle indiquait l'emplacement exact du quotidien, de l'hebdomadaire ou du mensuel. Elle reconnaissait sa fidèle clientèle. Voix rocailleuse, voix chaleureuse, voix voilée, parfois voix coléreuse. C'était une présence. Je la connaissais, elle me reconnaissait parmi tant d'autres.
                         Quant à l'Excelsior, qui n'est pas allé consommer? Eté comme hiver, il y régnait une  animation aux activités diversifiées. Ados, nous allions disputer d'interminables parties de baby-foot. Perdu, au fond de la grande salle, un piano poussif; il m'est arrivé d'y jouer pour "paraître", en récompense, je reçus des consommations gratuites : fier comme Artaban. La situation privilégiée de ce bar que ma maman de son temps connaissait sous le nom "Café Foy",  le plaçait mieux que sur la Place de l'Opéra à Paris... De là, on épiait les promeneurs sur la Place Marqué (2) toute proche, et dans le lointain  relativement proche,  le port en activité et enfin l'horizon marin porteur de tous nos rêves d'évasion durant notre jeunesse. Bref, c'est ici que le coeur de la Ville battait son plein.
                    (1)- La présence Américaine à Philippeville m'est apparue constante. Déjà, en novembre 1943,  l'opération "Torch" a vu s'installer au Beni-Melek la D.C.A. (Défense Contre Avions). Cette propriété familiale se situait Route de Collo, chez mon oncle Jean Balestrieri. C'est au cours de cette circonstance que je découvris la psychologie de ces Alliés. A 8 ans, je n'étais pas en âge d'interpréter le caractère d'un peuple, c'est la tranche d'âge où l'on enregistre le ressenti. Cependant, comme l'artillerie Anglaise avait cédé sa place, j'ai remarqué une mentalité très différente. Par la suite, en continu,  les salles de cinéma projetaient des films d'Outre-Atlantique. Le cinéma "Régent", Faubourg de l'Espérance, s'était spécialisé dans le Western,  les jeunes indigènes friands de ce genre de film, en sortant de la salle obscure, narraient la trame en citant les exploits de l'invicible "Ginome" ou Jeune Homme, dénomination locale du héros. Par ailleurs, combien de fois ai-je entendu l'air entraînant de la Marine Nationale Américaine. Fantastique! Cette culture s'est quelque peu imposée en moi et ce malgré moi. L'image exportée alors n'avait rien de commun avec celle d'aujourd'hui où dominent violences, sexes, immoralités...personne n'ose le  rappeler tandis que la Nation, n'ayant pas décrypté l'image qu'elle projette à l'extérieur, croit toujours en sa vertu. La "Liberté" ? Oui. L'abolition des tabous? Oui.  Mais l'abolition des tabous tous azimuts demande réflexion. Chers Ricains, n'oubliez pas que votre image pénètre actuellement presque toutes les Civilisations, faites en sorte de ne pas les heurter. Ne prenez pour prétexte qu'il y a de la demande pour ce genre de spectacles, si vous l'alimentez vous serez sans cesse appelés à l'honorer. Spirale commerciale des plus dangereuses. Ma culture mi-orientale mi-occidentale me permet d'avancer des hypothèses si lourdes de conséquences que je me garderai de les dévoiler ici.
(2) Je rappelle à nouveau que le nom de Marqué vient d'un illustre capitaine originaire de mon Département du Tarn-et-Garonne.
 

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