Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
(cliquez)
Je souhaitais de tous mes voeux une affectation dans un coin tranquille afin d'oublier les périodes de tensions. Depuis 1939, début de la 2nde Guerre Mondiale jusqu'à 1962, la fin de la Guerre d'Algérie, je n'ai connu que 9 ans de répit sur une période de 23 ans. Toute une jeunesse bafouée, malgré de merveilleux souvenirs. Aussi, le désir de transition était devenu indispensable pour "me reconstruire". Je ne pouvais trouver une terre d'accueil plus conforme à mes aspirations, Laguépie. Je parle à la première personne, mon épouse Danielle sera du même avis. Ils nous a fallu à tous deux une période d'adaptation. Nos repères démographiques étaient identiques : en 1960, Argenteuil comptait 80 000 habitants, de même Philippeville, toutes éthnies confondues. Les mentalités du village sont différentes. Malgré nous, nous avons acquis des coutumes de citadins, celles du village demandent qu'on en prennent conscience. Loin du tumulte, loin de tout, ce séjour de 10 ans correspondra à une retraite pour une remise en question de son "ego". Un atout non négligeable : notre union conjugale récente.
Je vais découvrir une seconde fois l'Homme dans son authenticité. Ce sont ces endroits reculés, les plus inattendus qui me paraissent propices à mieux découvrir et mieux comprendre les valeurs humaines. La première fois, ce fut le peuple Chaouïa ou Berbère avec ses richesses dans la simplicité (v. ci-joint mon article); la seconde fois ce fut celui Aveyronnais en ce lieu ...ignoré de l'Administration Centrale. Cette vie en autarcie favorise ce mouvement introspectif qui vous permet de vous découvrir. Miroir de soi. Cette disposition vous ne la trouverez pas sur les Champs Elysées où les gens se coudoient en s'ignorant où vous êtes fondus dans l'anonymat. Dans cette agglomération rurale, au contraire, votre personnalité s'enfle et prend une certaine dimension, parfois excessive. Ceux qui sortent d'ici deviennent plus combatifs dans la jungle des villes. Rares sont ceux qui n'ont pas "réussi "en quittant Laguépie.
Observation du cliché : vue imprenable sur le confluent. Au premier plan, les eaux de l'Aveyron à g.et celles du Viaur à dr. se mélangent en créant un remous. Les ponts soumis aux fortes pressions des crues ont résisté au temps. A droite, les reliefs sont Tarnais, la route mène vers Albi. Sur le promontoire dominant le fleuve, le château résidentiel en ruine. A gauche, la route mène vers St-André-de-Najac, terre Aveyronnaise. Au centre, c'est le Tarn-et-Garonne. Les trois frontières départementales ont donné à ce village une vocation d'échanges. Mais les réflexes protectionnistes liés à l'Histoire, ont fait que si vous passez l'autre moitié du Pont du Viaur, vous êtes considérés étrangers à Laguépie. Au nord-ouest de la photo, une croix au stylo, c'est l'ancienne école, l'ancienne mairie, on l'appelle le Puech Haut.
Vous êtes envoûtés par le charme du village. Les eaux et la végétation rendent ce lieu incomparable à partir du mois d'avril jusqu'aux prémices automnales où les feuilles rougeoient ou virent à l'ocre. Symphonie de sons et lumières octroyée par Dame Nature Venez y planter votre chevalet....