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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1965 - Laguépie - Visite des David-Duprat=

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                        Ils furent les premiers à venir nous soutenir à Laguépie éloigné de la famille Varoise. Il s'agit de l'oncle et de la tante de mon épouse  Danielle. Ils avaient connu notre situation au tout début de leur carrière d'enseignants, c'était dans le Jura à Mouchard, ou à Boussières au cours des années 30. C'est donc en pélerinage qu'ils viennent partager ces moments dans le village Tarn-et-Garonnais. Ils y viendront assidûment. Le coin leur plaît beaucoup. Au début, le confort ne sera pas conforme à celui que j'aurais souhaité leur offrir. Aguerris, ils s'adaptaient à cette rusticité rurale. Plus tard, mon logement de fonction très spacieux nous fera oublier ce manque de commodités.
                        Laguépie, site de pêche : une autre passion, c'est le  pôle d'attraction de l'endroit dominé par les rivières, il s'agit de la pêche, car Bernard est un fin pêcheur de truites. Dans son bureau, il confectionne de ses mains de magnifiques leurres, les mouches d'appât. A Port-Lesney, dans le Jura, il lançait l'hameçon dans la Loue. Loin de ses racines Franc-Comtoises, il découvre le Viaur avec son superbe paysage. Ici, il faut lutter, franchir les obstacles, c'est rude, mais quel plaisir! Quand l'homme lutte ardemment contre l'animal il s'ennoblit. Monsieur Blanquet, menuisier à Laguépie et son fils, un autre Bernard. ont eu l'amabilité de lui faire découvrir des endroits poissonneux. A cette époque, Monsieur Garrigues Raoul, le directeur du collège, faisant partie de la Société de Pêche et de Chasse, recevait régulièrement des colis d'alevins. Il les semait un peu partout dans les rivières comme la Seye, le Viaur, c'est-à-dire en eau saine. L' Aveyron  traverse l'agglomération de  Villefranche-de-Rouergue. Or, nous savons qu'il y a trente ans, le tout-à-l'égoût, les eaux usées trouvaient leur destination dans les puits individuels ou puisards et les cours d'eau. Je n'ai pas  souvenir que ce dernier fleuve ait été fréquenté par les pêcheurs pour la truite qui aime la limpidité de l'eau. Celle Aveyronnaise n'était pas réputée potable. La baignade y était déconseillée. Par contre, la jeunesse Guépienne se rendait aux tilleuls sur le Viaur pour des jeux aquatiques lors de la canicule. Aujourd'hui, m'a-t-on dit, la truite est devenue rare, même dans cette eau de qualité. Sa température élevée ne favorise pas la prolifération de ce délicieux poisson carnassier.
                         De g.à dr. Danielle Di Costanzo née David, sa tante Germaine Duprat née DavidMarie David née Giacometti (+ à 98 ans), et avec le canotier Gérard Di Costanzo. Les 3 femmes représentent 3 générations de la même lignée, celle des David..
                        Portrait d'un original, Bernard Duprat.: il finit sa carrière à Besançon dans le Doubs comme professeur de technologie, spécialiste en horlogerie . Il commence comme tout instituteur par l'Ecole Normale. Capitaine, il est fait prisonnier par les Allemands avec sa batterie. Dans les camps de rétention, réduit à l'oisiveté, il exploite la situation en renforçant ses connaissances. Son objectif est de devenir professeur. A la Libération, il se met en disponibilité pour suivre les cours de maths et techno. Il vient vivre à Argenteuil chez son beau-frère médecin Roger David, mon beau-père. "Gueulard" à faire trembler un édifice, il déborde de générosité pour tout le monde, même envers ceux qui ne le méritent pas. Sa maman a voulu lui faire étudier le violon. J'ai pu comprendre qu'il devait posséder une excellente oreille à la perception moins à l'émission. Il chantait affreusement faux son air préféré ; "J'ai perdu mon Eurydice"...Lorsqu'il fallait lever l'ancre quelque part, il se métamorphosait en bulldozer. Je crois deviner que ses élèves devaient à la fois le craindre, l'aimer et s'amuser, mais ils ne s'amusaient pas du tout quand leur maître décelait une faiblesse. Il les menait à la baguette comme un chef d'orchestre. Une année, voyant toute sa promotion sécher devant la copie, il se mit à pousser une "gueulante"tellement convaincante que les candidats purent lire le message sur son visage. C'était plus facile à résoudre que cela leur paraissait. Ils ont tous réussi. Il aimait les bons repas. Il me fit goûter le vin d'Arbois, réputé traitre pour ses effets éthiliques  secondaires. Marqué par ses années de captivité,  il mourut prématurément le 17 décembre 1974. Il n'avait que 72 ans. La dernière période estivale programmée ne put se réaliser :  toujours pour la pêche, il devait la passer avec nous dans l'Ariège, à Vicdessos. La "Maladie Incurable" l'emporta. Humaniste. Agnostique. Il n'hésitait pas à ridiculiser les bigotes qui excellaient dans "Faites-ce-que-je-dis-mais-ne faites-pas-ce-que-je-fais". L'entente cordiale et inconditionnelle avec son beau-frère Roger se terminait souvent par des différends verbaux devenus un rituel pour l'entourage, mais dans le fond ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre...C'était le fameux Tonton  Bernard! Ce colosse au pied d'argile.
                    Critique partiale? Critique impartiale?  Cette génération d'enseignants a été le vecteur d'une idéologie tour à tour complice ou ennemie du pouvoir politique en place. Ils avaient ceci de respectable, un idéal circulait dans leurs veines. L'enfant de la Communale pouvait rivaliser avec celui des Institutions Privées. Au temps où chacun épiait les défauts de l'autre, l'Instruction Publique était irréprochable et respectable. Qu'en est-il aujourd'hui? Faut-il croire que l'homme ne peut se passer de situations conflictuelles pour transcender sa vie? Plus optimiste que pessimiste, je ne veux pas croire à cette version et pourtant je me pose la même question depuis des années. La guerre des écoles a survécu, vive le pacificisme! Mais en même temps l'arrêt des hostilités a anéanti  les riches  ressources nées de la compétitivité. Dans ma belle famille, les repas en présence d'une grand-mère Saillenfaits, institutrice de la Communale et l'autre grand-mère David, institutrice du Privé,  provoquaient des "étincelles". Je me refuse à croire que nous nous trouvons dans une impasse hormis cette bipolarité de tensions....

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