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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1977-(juin)-Philippeville vue par feue K.Goussakoski

(  
   La Rue Kléber qui débouche sur la                   La rue des Frères Pons cliché pris contre le mur de
   Rue des Aurès. Au bout de la rue à droite, on         de ma villa à droite. Le bougainvillier immense est
 aperçoit la clinique Ricous.                                     ici remplacé par un palmier. A g. le Bâtiment                                                                                   "Bel Air" d'une capacité de 96 logements qui
                                                                                  nous pénalisera en nous coupant la vue sur
                                                                                    la mer. Cela, dès 1959. En médaillon, la maison Castanet, située Rue du Capitaine Drouin. De ma "villa vitale" j'observais ma "maison natale". L'ayant quittée âgé de moins d'un an, elle sera la "maison imaginaire" que je ne n'ai cessé de me représenter sur les souvenirs évoqués par maman.
            A droite de la végétation (médaillon), le balcon de mon copain Guy Lombard.

 La Rue des Frères Pons                   Vue générale prise depuis les hauteurs de la Rue des Aurès.
La première maison blanche à
g. appartenait aux Fiorio, parents
de Roger. La dernière à g. mur blanc
est la maison de ma famille occupée de
1936 à 1963. Les escaliers
après tous ceux gravis avant ont fait que l'on
appelait cette rue, non pas la Rue des Frères Pons,
mais la "Rue des Escaliers".
                                     --------------------------------------------------
 N.B. -  On dit souvent que le désir ardent de vouloir retourner sur sa terre natale peut être de mauvaise augure. Il peut annoncer la disparition précipitée de l'être. Ce sera le cas pour de nombreuses personnes que j'ai connues et qui ne sont plus de ce monde. C'est le cas de ma collègue de travail. Paradoxalement, ce phénomène se retrouve chez certaines races animales.
                                  Depuis longtemps, j'avais projeté de programmer la série de photos que Kathia Goussakoski a prise juste avant qu'elle ne décède. Le hasard a voulu que nous enseignions sous le même toit à Montauban.
Elle m'avait confié les négatifs pour faire un tirage de notre ville natale. Je les insère dans mon blog non sans émotion. Les clichés sont tous de  Juin 1977, l'expansion de Philippeville était déjà commencée. Mais plus de 30 ans après, en 2008, l'urbanisation intense a pris de l'ampleur. Quand elle m'a remis les exemplaires à tirer, j'ai été ému du fait qu'elle se soit appuyée sur le mur de ma villa en ignorant que j'ai habité là de l'âge d'1 an à 27 ans.

 

    Poursuivons notre chemin sans changer de Rue, et nous approchons des Citernes Romaines tout en découvrant partiellement le port et l'horizon marin vers Bône.
 Vue sur le Djebel Skikda, la pente abrupte face Nord est due aux travaux de la jetée construite au cours des années 1890. Les blocs ont été extraits de cette carrière de choix pour sa proximité et pour la nature de la roche en laissant cependant une plaie béante défigurant le beau paysage côtier. Avant 1891, le débarcadère était soumis aux agressions des vagues. Dans le passé, il a plusieurs fois été emporté par les flots déchaînés. La construction d'une jetée devenait urgente. De mon balcon, quand j'étais gamin,  la mer démontée constituait un spectacle extraordinaire. A la chaîne, les vagues engloutissaient l'immense jetée pour s'écraser dans la darse. Remarquable travail de l'ingénieur qui sut calculer la résistance des blocs apportés face à la force irrésistible d'une Méditerranée en colère. Lors des fortes tempêtes, avec mes jumelles, spectateur depuis mon balcon,  je tremblais de peur pour le Sidi Ferruch, le Cazalet, le Sidi Okba véritables bouchons de liège à la merci des flots.
.
    Même endroit proche de la Porte des Aurès, issue utilisée  lorsque l' Intra-Muros se distinguait de l'Extra-Muros. Le gigantesque portail  a vu  tous nos ascendants le franchir pour se rendre  aux "Quatre-Chemins", zone rurale toute proche. En voiture, on passait par la Rue des Aurès, à pied, on empruntait cette rue. Tous les jours, à treize heures trente, Marianne Di Costanzo, ma grand-mère,  revenait donc à pied de son stand tenu au marché de détail en passant par là. Sitôt arrivée au domicile, elle s'occupait de sa famille nombreuse qu'elle avait quittée à quatre heures du matin.  
                                              

Qui n'a pas connu ce vendeur de friandises atteint d'une
déformation du visage? Nous sommes Place du Commandant           Entrée côté cour de
d'Armes...                                                                                         l'Ecole F.Buisson.
                                                                                                         Combien d'élèves ont dû franchir
                                                                                                         ce portail ? A cet endroit, aux
                                                                                                         heures précises, la Rue
                                                                                                          d'Austerlitz grouillait.
                                                                                                        

                                                                                    
 "Place du Commandant d'Armes. A g. on allait vers le Lycée Luciani ou vers l'église qui sera démolie 3 ans après le passage de notre photographe.
              
 Lieu fébrile, le carrefour de la Rue Clémenceau, axe principal, et de la Rue Gambetta. A g. sous les arcades, le "Café Lyonnais" tenu avec assiduité par Monsieur Courbet, père d'Ervé. C'était le terminus de l'orchestre Baggur avec sa gagavelle. Il partait de l'entrée du port, visitait tous les cafés sur son itinéraire, consommait une trentaine de petits verres d'anisette, aux proportions d'un tiers d'eau et deux tiers d'anis. Il ne soufflait pas dans le ballon pour contrôle d'alcoolémie mais gonflait démesurément les joues pour en sortir des sons grossiers adaptés à ce folklore plus que populaire. Arrivé là, c'était l'apothéose. Le groupe bien rôdé nous faisait savourer des moments inoubliables. Cette rue montante, la rue Gambetta nous paraît aujourd'hui bien étroite par rapport à celle de notre mémoire de jeunesse. Au bout de la côte, le Lycée Maupas, ou lycée de jeunes filles. On aperçoit en arrière plan, tout à fait en haut,  l'ensemble "Bel Air".      Les passants tournent le dos aux "Portes de Constantine". Ils vont se rendre sous les Arcades qui traversent intégralement la ville jusque sur la Place Marqué. Elles sont précieuses pour lutter contre la canicule, mais elles obscurcissent les fonds de commerce. Les premières arcades à droite sont celles de la "Chambre d'Agriculture":   la "Maison du Colon" était devenue une appellation péjorative. Le rez-de-chaussée et le premier étage appartiennent aux différentes activités agricoles. D'abord, la Mutualité Agricole,  le directeur était Monsieur Bertucci, vous y avez vu travailler comme caissier Mr Ascencio, joueur à l'EJP. Ensuite, on y trouvait le siège du syndicat agricole - la C.G.A - et ses sous-sections. Mon père Philippe Di Costanzo sera actif de 1946, date de la création des activités syndicales, à 1962. Au cours de ma prime jeunesse, je l'accompagnais souvent, soit aux réunions soit   aux travaux réguliers dans les différentes administrations. Je suivais avec intérêt les débats contradictoires : est-ce là que prit naissance le germe de l'intervention en public? Philippe était une fine lame  et savait faire diversion lorsqu'on voulait le déstabiliser.
                     Albert, mon jeune frère a fait ses débuts avec Monsieur Duplessy (1) son directeur de service. Les moments d'attente, souvent languissants pour un gamin, m'ont permis de relever un duel sans merci entre le crépitement des "Remington" des bureaux et les notes des cours de piano de Madame Beck faisant travailler Bach des heures durant. L'entrée de droite, commune aux services précités et aux nombreux locataires du bâtiment s'ouvrait sur un immense couloir de plusieurs étages : de quoi amplifier de façon désastreuse toute source sonore...Je rappelle que lors de la 2nde Guerre Mondiale, une bombe allemande a traversé plusieurs étages sans exploser et sans faire de victimes...

Le cliché ci-dessous est pris sur le terrain de Sport de l'Ecole St-Paul. Les gamins sont adossés aux remparts de la ville. Des tonnes de terres de remblai ont été déversées par le frère Eugène directeur, aux dons remarquables de bâtisseur. Au premier plan en dessous, nous découvrons le quartier de l'abattoir début du lieu-dit Beni-Melek. Le fort domine l'horizon marin, en 1942, les Anglais en avaient fait un point stratégique. Le chemin qui traverse le relief est la Route de Collo. A quelques centaines de mètres, on arrive à la Propriété de Jean Balestrieri, mon oncle et frère de ma maman. On aperçoit la baie de Stora et l'île Srigina. L'endroit où sont les gosses est un splendide lieu de détente bercé par la brise marine..." ....Ici tout me semble zéphyr..."



Photo de droite. Kathia est venue sur ce terrain de basket où son père Monsieur Goussakoski, capitaine d'équipe du Racing faisait vibrer les spectateurs. On l'appelait le Stade Kessler. Des noms jaillissent à l'esprit : Monsieur Solal l'arbitre, et Spennato avec les cousins germains Di Costanzo Robert, Balestrieri Ange, le trio inséparable réuni en copains au bazar tenu par le premier Rue Gambetta, face au Cinéma Empire, pour eux la troisième mi-temps était saine, elle se résumait en une bonne amitié décelable à distance par la chaleur de leurs discussions. . Ils étaient tous actifs au sein du RCP section basket. On passait devant ce stade pour se rendre au cimetière. Les bâtiments qui cernent le terrain sont des établissements scolaires. Ils font suite à l'ancienne école d'apprentissage.


 Pour la photographe, cadrer des rails de chemins de fer,devait évoquer pour elle un souvenir particulier. Pour nous, les Di Costanzo, c'est à cet endroit précis que Di Costanzo Antoine (1815-1907) laissa sa sueur. En effet, il quitta l'Ile d'Ischia en raison de l'oïdium de la vigne pour Philippeville, (1855-1860). De propriétaire, il deviendra momentanément salarié. C'est la Société P.L.M. (Paris-Lyon-Marseille) qui assure les travaux. Nationalisée elle deviendra C.F.A. (Chemin de Fer Algérien) .Au delà du talus, c'est le cimetière. A gauche, l'entrée du tunnel : Antoine va participer au  creusement. J'invite les descendants à se rendre dans cette gueule noire, ils verront le nom de leur aïeul gravé dans la pierre.


La photo a été prise Rue Nationale (ancien nom) devenue Rue Clémenceau. Avant la courte interruption des arcades à gauche, pour laisser dégagée la Place du Théâtre, c'est la partie arborée.Les dernières arcades correspondent aux Etablissements Blanchard. Magasin cossu comprenant plusieurs vitrines. Ce nom a marqué durant un demi-siècle le cinéma et le théâtre en Métropole.



Le carrefour aux multiples activités. En continuant à monter, on passe devant la Sous-Préfecture, pour atteindre soit l'Hôpital, soit la Caserne de France remplacée aujourd'hui par un hôtel de luxe, soit la place des Zouaves. A g. on pouvait se rendre dans diverses écoles,  privée ou publiques confondues, à droite le trottoir cernait la Place de l'église. Aux heures de sorties des écoles cet endroit devenait effervescent. Kathia n'a pas hésité à le fixer sur pellicule.


La piscine de Jeanne d'Arc. Faisant front avec la mer, elle était appréciée lorsque le drapeau de la plage  virait du vert au jaune. Un souvenir mémorable a eu lieu l'automne de l'année 1950. Gilles Brèthes, Maurettes..mes camarades de classe étaient venus profiter de l'arrière saison pour venir dans cette piscine désertée. Maurettes plus téméraire a voulu se lancer du plongeoire. Paradoxalement, l'eau du fond lui a semblé plus chaude qu'en surface. Plein d'enthousiasme, il remet ça. Quelle déveine! Il remonta illico presto : le fond du bassin était tapissé de rats morts...brrrr!
                  Durant deux années scolaires, de 1960-61-62, je suis passé devant cette piscine pour rejoindre mon premier poste d'enseignement : El Halia.


On ne peut échapper au port, il a toujours été le pôle principal de cette ville tournée vers le Nord et vers le Sud. Ville de transit, dans le passé elle a été le port de Constantine. Aujourd'hui, l'énergie fossile, pétrole et gaz, a contraint le Pouvoir de créer un complexe plus important sur la route de Jeanne d'Arc.
                    Je l'ai déjà écrit sur le site de Suzette : pour le peuple Algérien, cette manne est à la fois bénéfique dans l'immédiat, mais à terme elle peut être un cadeau empoisonné. Lorsqu'un pays ou une ville possède des richesses naturelles, l'habitant n'a pas appris à devenir combatif. Si je me permets d'avancer ces propos, c'est que la Presse Algérienne que je lis souvent va dans ce sens. Le pouvoir seul n'y peut rien, c'est au peuple de s'engager dans la voie du travail généralisé. Plus la population augmente, plus la nécessité d'augmenter les hectares cultivables s'impose.
             .Réflexions- Nous connaissons tous l'expérience en laboratoire pratiquée sur deux rats. A l'un, sur un espace  lisse, il est aisé d'aller chercher sa nourriture quotidienne. A l'autre, on lui a imposé un labyrinthe. En les sortant de ce champ expérimental, on les a mis tous deux face à une troisième situation difficile. Un sur deux s'en est tiré, vous devinez lequel. A un stade subalterne, sans les citer par leur nom, j'ai observé sur deux générations le même type de comportement. Les villes excentrées ont plus de difficultés à résister aux exigences de l'économie moderne, mais on les sent plus mobilisées que celles qui n'ont aucun effort à fournir favorisées par la situation géographique. Pour ma part, humaniste conscient, je ne souhaite pas que cet exemple atteigne la dignité de quiconque. .Au Maghreb, ce postulat s'est  pourtant avéré. Le  Maroc et la Tunisie, pays dépourvus de richesses de sous-sol, possèdent un Tourisme  qui s'est mieux ancré..C'est à cogiter!

                           Fin d'une promenade à travers la ville offerte grâce à la regrettée  Kathia Goussakoski. Toute ma reconnaissance à sa fille. Je ne pouvais mieux rendre hommage à sa maman et à son grand-père que les Philippevillois ont bien connu par ses nombreuses activités.

(1) La famille Duplessy était déjà connue de mes grands-parents lorsque ceux-ci étaient encore à Damrémont (v.Faire-Part). Un dimanche, elle fut invitée chez Philomène et Nicolas Balestrieri. Ce jour-là, (fin du XIX° siècle) l'hôtesse voulut  se surpasser en offrant un repas gastronomique avec de multiples entrées. Las d'honorer les plats au défilé interminable, ils attendaient le mets principal celui où toute mama italienne excelle celui des spaghettis, mais quelles spaghettis!
- "Nous sommes venus pour les PAAAtes crièrent-ils tous en choeur..."
            Cet instant solennel a fait date dans la famille.

       Plus tard, le couple Duplessy, nouvelle génération,  appartiendra à la chorale "La Grégorienne", c'est dans ce groupe que je découvris les dons de Monsieur pour la comédie délirante et pour la musique - excellent déchiffreur de partitions. C'est aussi lui qui sera le chef de service d'Albert.

 






































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