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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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Brégeault - professeur (à l'attention de Jean-Louis, son fils).=

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                                S'il est un pédagogue qui m'ait influencé c'est bien Monsieur Brégeault, mon précepteur après avoir été mon professeur. Je n'oublie pas la lecture de "Feu Follet" et la" Petite Fadette" de Georges Sand. Le texte qu'il faisait vivre m'a beaucoup ému et a marqué ma carrière d'enseignant. J'ai découvert avec lui que les mots écrits n'étaient rien en comparaison de ce qu'ils dégageaient en émotion. C'est ainsi que j'ai fait revivre auprès de mes élèves des extraits d'auteurs classiques souvent perçus comme rébarbatifs mais devenus digestes par la théâtralisation. Il s'agit exactement de s'écarter de l'approche voulue par bon  nombre de professeurs qui "coupent les cheveux en quatre" au lieu d'aller à l'essentiel. S'il n'y a pas "choc psychologique" il est probable que le texte demeure incompris. C'est malheureusement à déplorer.
Portrait  du personnage : De corpulence honorable, un peu trapue. Regard de gars sensible. Voix voilée. Légère balafre à la commissure des lèvres. Se déplaçant toujours à pied, aux pas saccadés. Vêtu de son  inséparable pardessus, il s'en libérait uniquement lors de la canicule algérienne. Son parapluie lui servait de canne. Il habitait Faubourg de l'Espérance à Philippeville; pour se rendre à son travail, il ne craignait pas la marche. A sa place, exténué, j'aurais mal assuré le cours, mais lui allait son train de sénateur, aussi régulier qu'une horloge et disposait de ses facultés sans être affectées.  Généreux. Sourire naïf, comportement naïf; mais pensée sensée, mûrement réfléchie. Nos goûts communs : la poésie et la musique. Il venait chercher mes connaissances musicales pour illustrer ses textes. Ces derniers conçus en chanson, s'écartaient souvent du style "amour-toujours" pour choisir un autre marqué par le "descriptif-contemplatif"peu commercial. Je lui avais mis en musique les vers suivants:
"
Chassant de la nuit
Les sombres nuages
Lorsque l'aube luit.....
Tout l'être soudain
Ressuscite à la vie.
Lorsqu'au chant
Du couchant..." etc...
                               Cette chanson, il voulut qu'on la présentât au concours  de Deauville. Elle demeura sans suite. Pas assez "people", de plus, il fallait une interprète sur les lieux. La ligne mélodique, plus nostalgique que créative, conçue en valse Boston devenait obsolète pour pouvoir l'exploiter. Par contre, il composait de nombreuses poésies cherchant son inspiration auprès de son élève Annie Besso (+) : ses parents tenaient les cinémas le Colisée et l'Empire. Elle a su passer du 7° art aux Beaux-Arts. Elle était une artiste née: peintre, dessinatrice, portraitiste. Quand il me parlait d'elle, il la dépeignait comme une muse : son cou élancé, faisait d'elle une nymphe, personnage irréel dont il me vantait souvent sa ligne pure, éthérée ; elle fut ainsi l'inspiratrice de l'invention poétique du quinquagénaire. Elle le fut jusqu'au jour où je lui fis comprendre que depuis son retour de voyage en Indochine, la Muse avait perdu  l'étincelle. Pour le poète Brégeault, tout laissait refléter la nostalgie de son enfance. Cette enfance qu'il n'avait jamais quittée.
Historique : précepteur à la Cour d'Albanie, il perd ce privilège lorsque le pays change de Régime. Pestant contre Roosvelt, qui,  par les Accords de Yalta, va affaiblir la France, il sera le premier à me faire comprendre que  l'Histoire que l'on enseigne n'est pas toujours conforme aux réalités du terrain. Père de deux enfants, la famille est donc au bord du dénuement. Il débarque en Algérie, plus précisément à Philippeville. C'est alors que le Frère Eugène, Directeur de l'Ecole St-Paul, se charge de l'accueillir. Mais, à cette époque, les émoluments sont maigres qu'ils soient publics ou privés. Il donnera ainsi des cours particuliers pour arrondir ses fins de mois. C'est ainsi que j'ai connu cet illustre professeur. Chaleureusement reçu par ma maman qui flairait en lui l'homme de culture , il partait de mon domicile pour se rendre ensuite chez Annie. Je lui dois mon goût pour la philo, pour la poésie, pour la littérature, pour l'histoire... Cette décennie passée ( 1945-1954), il fut réintégré dans l'Education Nationale. Il obtint un poste d'affectation au Lycée Luciani. Ensuite, il demanda sa mutation pour la Métropole. Les denières nouvelles reçues de lui furent une carte postale d'Ussel son Lycée de rattachement. Depuis, plus de nouvelles.
                        Sur le site "Castanet", ayant appris que son fils était à la recherche des poésies de son papa, je puis lui dire que l'auteur me lisait les textes, j'étais son confident intime,  mais, par pudeur peut-être,  il s'était gardé de les divulguer, du moins durant cette période. Et pour ceux qui verraient dans l'admiration de son pygmalion une déviation sentimentale par rapport au couple, je puis affirmer qu'il ne le mettait pas en péril. Le poète vit dans une sphère peu commune : la dominante étant le sentiment platonique très abstrait le concepteur s'en nourrit. (texte destiné à Maryvonne et Jean-Louis, ses enfants). Gérard.

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