Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
Ici on s'écarte du vieux Constantine. Le lycée Laveran était notre destination pour passer les examens, il faisait partie des quartiers modernes. ( Si l'établissement porte ce nom c'est pour marquer un évènement très important contre la fièvre paludéenne : en 1880, Laveran fut le premier à découvrir que le moustique était le vecteur du paludisme. Rappelons que le fléau continue à tuer sur des zones défavorisées... fléau sans cesse relayé par les medias).
N.B.- Pour plus de détails sur les travaux de Laveran, rendez-vous dans la rubrique Articles" page 118 "Rapport de l'Institut Pasteur d'Alger en 1947"
Souvenirs. J'ai passé mon brevet dans ce lycée. Ce fut pour moi ado la première émancimation : dormir, agir, se défendre sans l'influence pesante de la famille. Après avoir passé la nuit à l'Hôtel terminus de la gare de Constantine, après avoir emprunté la passerelle pour passer le Rhummel vertigineux , me voilà répondant à l'appel pour subir l'interrogatoire d'une série de profs dans chacune des matières officielles. Mais, en sus, j'avais choisi l'option "Musique". Sans prétention aucune, je m'étais contenté d'interpréter la "Sonate en Ut Majeur" de Mozart. J'étais le dernier candidat. La salle de musique vide, en bon intrus, je m'approche du piano esseulé. Il avait l'air de s'ennuyer. Il allait passer tout l'été réduit au silence. Ma tentation est grande : j'ouvre le clavier. Et vlan! Je lance avec fougue les premiers accords mineurs du Concerto de Varsovie de Richard Addinsell(1). Il faut reconnaître que l'oeuvre est grandiose, elle a servi d'illustration sonore à un film éculé, un véritable navet. Si le film est aux oubliettes, le concerto a traversé le temps. Mis au programme des conservatoires au lendemain de 2nde Guerre Mondiale, j'eus la chance de le travailler seul. Mme Braka, mon professeur en partance pour Koléa m'a confié la pièce pour y transcrire le doigté.
L'effet de mes premiers accords ne se fit pas attendre. Sur le pas de la porte, la professeure de musique m'interrompt. Sans m'en rendre compte, je venais de troubler le silence du Lycée. On a dû m'entendre dans les couloirs et les salles d'examens. Elle était partagée entre me passer un savon pour mon audace et me féliciter. Elle eut l'intelligence de choisir la seconde solution.
-(elle): "Pourquoi n'avez-vous pas présenté cette oeuvre?"
-(moi): "Je pensais que pour un examen de l'Education Nationale, une oeuvre de Mozart de ce niveau aurait dû suffire.
-(elle): Eh bien! Ca vous coûtera.....ça vous coûtera. (je m'attendais au pire). Ca vous coûtera des points supplémentaires.
Inutile de vous dire que mon audace a été payante. Elle me servira par la suite pour ne plus en manquer.
(1)- La trame du film est d'époque : un aviateur polonais en perdition. Le melo, la tragédie classique...La musique collait bien à l'image. Le leitmotiv du thème musical a servi à adapter une chanson" Le Monde Entier".....