Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
Cette école a connu plusieurs appellations: la carte postale avec timbre daté du 15 septembre 1962 désigne un nom très vague : "Ecole Indigène de Garçons". Or, elle s'appellera d'abord " Ecole Cianfarani" puis "Ecole A. France" pour devenir, aujourd'hui, la "Médersa Elémentaire...". En effet, sur la façade, on peut lire l'enseigne suivante : " Medersa Kraya Elbtidaïa" (traduction : Ecole d'Apprentissage Elémentaire" . Ainsi, l'école poursuit sa vocation première.
Pendant la 2nde Guerre Mondiale,elle fut occupée un moment par l'armée Indoue qui l'avait investie pour en faire son cantonnement, elle était intégrée aux troupes alliées Anglaises. J'avais tout juste sept ans pour découvrir que la chevelure du trouffion asiatique était d'un noir parfait et bien enracinée : l'huile d'olive kabyle très opaque opérait du miracle.On ne lésinait pas sur la quantité.
L'architecture du bâtiment relève d'une prouesse. En effet, les fondations ont été construites en épousant le virage en "tête d'épingle à cheveux", de la Rue des Aurès, caractérisée par des méandres. Le concepteur a dû s'en inspirer car vue d'avion, l'école s'ouvre en éventail. L'entrée principale ressemble à l'avant d'un vaisseau ce qui dynamise l'ensemble. Nous remarquons le respect de la législation scolaire : les toilettes n'échappent pas à la vigilance du maître, quand un élève quitte d'urgence sa classe, aux heures officielles, il demeure à chaque instant sous la responsabilité du fonctionnaire. Les écoles nouvellement construites semblent l'oublier...La présence des arcades est une idée judicieuse. Les jours de pluie, elles servent de préau et d'abri quand il fait chaud. Enfin, on oublie un peu l'"archétype" des écoles stéréotypées de la III° République pour lesquelles on a fait appel au même architecte de l'Etat qui a imposé l'uniformité. Observation inhospitalière: les fenêtres des classes du rez-de-chaussée avec pignon sur rue étaient protégées de barreaux, ce qui donnait l'impression d'emprisonnement. Observation hospitalière: l'installation des bancs dans la cour est une initiative heureuse. Innovation : une terrasse remplace la toiture avec charpente, style le plus courant adopté par les particuliers aujourd'hui à Skikda ( Rusicade ou Philippeville)
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Le personnel : tout d'abord, une référence particulière aux Pétagnia, concierges consciencieux dont le rôle est de filtrer les entrées et sorties de l'établissement. Monsieur aux dons mystiques de guérisseur, se déplaçait toujours avec sa canne d'un pas hâtif. Au cours des années 50, le directeur Djadoun, logeait dans les murs, encore une obligation disparue depuis peu. Concierge et directeur ont aujourd'hui déserté les lieux. Sérieux problème. Présence sécurisante. La famille Granger, ( les parents de Suzette) elle aussi y résidait. J'ai pu croiser un certain nombre d'enseignants. Monsieur Buono, père de Maryse, en permanence une main pansée, il logeait au terminus de la Rue Valée, dans l'un des appartements de mon oncle Jean Balestrieri. Monsieur Naubron, il passait chaque jour devant ma maison pour rejoindre son domicile Rue Magenta, tout près de l'Ecole des Frères. Madame Bocognani, logée pas loin Rue des Aurès, face à mon professeur de piano Madame Braka. Monsieur Khaled-Khodja, lui aussi habitait Rue des Aurès tout près de ma villa. L'école "ronflait", le directeur savait se faire respecter et faire respecter l'établissement, pourtant le plus souvent les élèves ressemblaient à ces enfants de la Banlieue Parisienne, souvent ils vivaient dans le désoeuvrement faute d'emploi. Une nostalgie de plus à inscrire sur mon bloc-notes!