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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1894 -Philippe - ses multiples héritiers du nom=

Photobucket(ne cliquez pas) Philippe septuagénaire invité chez son fils Albert, alors domicilié Rue du Capitaine Colonna, à Toulon.           

                           Aujourd'hui, c'est la St-Philippe
.

                      Depuis l'oncle Philippe Di Costanzo, il y eut mon père Philippe (1894-1982) son neveu. Peu imposant par la taille, peu encombrant mais présent par sa forte personnalité. Il s'imposa comme modèle dans la famille. On va honorer ce prénom à travers les générations descendantes en l'adoptant comme tel (ex. Philippe Balestriero instigateur de la mise sur site de la genea ou en le combinant à d'autres prénoms comme Jean-Philippe Balestrieri fils de RogerPierre-Philippe Di Costanzo fils d'Albert).
                            Je n'ai cessé de m'interroger sur l'étymologie du nom et sa projection sur le comportement  du cavalier que fut Philippe, comportement hors du commun. Parfois, les prénoms ont l'air de se combiner avec la caractérologie. Sans vouloir en faire une science exacte au point d'éditer à tout va les différents dictionnaires des prénoms avec leur signification, et surtout avec les prédispositions qu'ils engendrent,  prétendre ainsi  déterminer définitivement ce que sera Untel dans la vie, me paraît déplacé. Ainsi on n'hésite pas à divulguer que les Anne sont douces, que les Martine sont légères, que les Nicolas sont affectueux, que les, que les....Il suffirait donc de désigner un modèle pour le coller arbitrairement au nouveau né, et conclure que ce dernier sera une copie conforme du chef de file. C'est risible! Pour éviter  le ridicule, lors du choix à faire pour mon fils aîné, j'ai été inspiré par la lecture de la "Dépêche" qui relatait la biographie de deux Christophe, l'un chenapan, l'autre saint protecteur, le plus connu. Je me suis dit, il choisira librement sa voie. Pouvais-je me tromper?
 Soyons sérieux. Cependant, s'agissant de mon père, j'ai pu vérifier la véracité troublante entre son identification nominale et son comportement animal. L'amour du cheval fut sans limite.

              Extrait de mon ouvrage sur "Un certain Philippe" ou "l'Odyssée des Di Costanzo"

                                                   
Philippe et les chevaux.

                          Le titre est déjà un pléonasme. Philo (ami), hippos (chevaux) quoi de plus troublant d'avoir hérité de ce prénom d'une façon prémonitoire? Comment le prénom peut-il influencer papa dans ses débordements d'amour pour le cheval, avant qu'il ne dispose de ses facultés? Peut-être, est-ce la définition du don? Hériter d'une science, d'une aptitude avant même que le conditionnement intervienne? Mystère!
                        Son frère Thomas, lui, préfère le mulet. Il a ses raisons. Comme la majorité des paysans, il se rend à l'office dominical en charrette tractée par un mulet. Cet animal têtu, c'est légendaire, est mieux adapté aux reliefs des terres à labours. La plupart des petits agriculteurs implantés dans ce secteur (coteaux philippevillois) ont opté pour cet animal au caractère impénétrable mais laborieux. Pour papa, c'est l'anti-communication, l'anti-complicité, l'anti-esthétique. Je ne me souviens pas d'en avoir vu un dans son écurie. Pour lui, c'est une bête fourbe, sournoise, capricieuse. N'est-ce pas un coup de pied de mulet qui a tué ma cousine Marcelle (Balestrieri) âgée de 4 ans,  soeur de Roger? Elle n'a fait que passer derrière. N'est-ce pas une référence qui dévalorise l'animal : l'expression " cap e moul" laquelle veut dire tête de mule, est souvent utilisée par les Napolitains pour dépeindre une personne trop entêtée...On ne fait pas dans la dentelle...Contrairement au mulet, le cheval annonce ses humeurs. Sa nervosité se devine dès qu'on l'approche. Son hennissement, selon l'intensité, selon l'intonation, selon sa durée correspond à un langage plus facile à décrypter.
                   Hormis l'armée, Philippe a eu dans l'ordre et sur une période d'un demi-siècle, des chevaux qui répondent aux noms de Bichette, Coquet, Margot, Bolide, Valée...
                   Bichette la laborieuse. La jument Bichette n'a pas laissé à papa un souvenir mémorable. Il m'en a parlé sans nostalgie. Par son nom, on devine qu'il s'agit d'une jument. Elle a participé au défrichage du "Communal" (v. site Suzette, Agriculture). Sans raison, du jour au lendemain, son approche devient impossible. Papa l'a vendue à un Arabe.
                   Coquet ou la fidélité. Par contre, Coquet est l'animal le plus regretté. Il l'a eu de 1925 à 1929. Quand il parle de lui, Philippe est marqué par un sentiment d'amour exceptionnel. Le lien qui unit l'homme et l'animal est ici exclusif. Attendrissant, docile, fidèle, obéissant...il a toutes les qualités. Ne l'ayant pas connu, pour moi, l'animal est devenu légendaire tant papa me l'a dépeint avec toutes les vertus. Livré à lui-même, en toute liberté sur les terres familiales, papa l'appelle à distance, l'animal court se mettre à ses pieds. Il mourra prématurément d'une déchirure d'estomac. Cet accident est courant chez les mammmifères herbivores. Plus encore, chez les ruminants. L'accident est occasionné par un simple bout de fil de fer qui traîne dans le fourrage, la partie saillante lamine les parois gastriques, ainsi l'appareil digestif ne résiste pas à la pression du bol alimentaire qui se répand dans la cavité abdominale. C'est irréversible. Papa procède à une autopsie. La perte de Coquet a été la cause d'un très gros chagrin pour Philippe.
                      Margot ou le dressage. (Observations faites en 1941, à l'âge de 6 ans au domaine de Saf-Saf sur l'aire d'entrée).Elle est la première bête qu'il dresse. Tout jeune, j'ai assisté à une séance de dressage menée par papa. Imaginons, un cercle ayant pour centre le dresseur, pour rayon une longe guide et pour circonférence le parcours de l'animal qui dessine des cercles concentriques à n'en plus finir. Le moindre caprice et c'est le fouet. Ce moyen coercitif est la condition "sine qua non" (depuis abandonnée) pour faire passer le quadripède de l'état sauvage à l'état civilisé. Papa est patient, il veut obtenir de la bête la soumission avant l'attelage. Une légère friction des flancs contre les brancards peut emballer l'animal en entraînant dangereusement avec lui char, charrette ou chariot. Ce risque est à éviter. Le maître va agir avec beaucoup de tact ; parfois, lorsque la bête n'en fait qu'à sa tête, il sert les dents de rage. L'animal finira par n'offrir aucune résistance aux injonctions du maître. La partie n'est pas gagnée pour autant.
                            Après les séances sans harnachement, vient l'épreuve de la selle. C'est la séquence la plus difficile, le poids du cuir sur le dos prècède la fixation de la ceinture ventrale que l'animal supporte très mal. Alors, il jongle dangereusement dans tous les sens. L'approcher est l'opération la plus délicate. Papa est prudent, il choisit l'angle d'approche en tenant la bête par la  bride. Après plusieurs jours, lorsque l'animal s'est adaptée au harnachement, lorsque toutes les étapes sont franchies, la bête est affranchie, papa ne cache pas sa satisfaction. C'est la victoire de l'homme sur l'animal. Il la savoure. Ses états d'âme, je les ai ressentis à son insu.
                         Bolide, la flèche. Il est un remarquable animal. Son importance est telle qu'il a été cité plusieurs fois dans les paragraphes. Il doit son nom à sa vivacité et à sa rapidité. Papa l'achète quand il est à Saf-Saf au prix de 2 000 A.F. et le revend plusieurs années après à l'Oued Louach, au prix de 30 000 A.F.Papa a mis l'accent sur l'écart du prix en ayant cru réaliser un bénéfice très important. Ce n'est qu'une valeur fictive, car réactualisée, elle ôte toute idée de gain démesuré. Ce serait plutôt une vente à perte. Détail peu important après les services rendus. Il battait le pavé avec la régularité d'une horloge. Attentif aux moindres gestes de son maître, malgré la bride, il tournait souvent la tête vers son maître en oubliant la route. Il sera, après Coquet, le deuxième à laisser des regrets. En période de guerre pendant laquelle les automobiles devaient rester sur cale, retrouver l'hippomobile avec Bolide sera un plaisir.
                      ...Bolide seul moyen de locomotion entre le Domaine et la villa.
                         En 1941, faire le trajet maison-domaine est pour mon âge une véritable expédition. La dizaine de kilomètres de parcours dure environ une heure interminable. Pourtant, le confort sur le break que tracte "Bolide" est irréprochable. Le cheval est appelé ainsi par papa pour ses aptitudes exceptionnelles de trot sur le bitume. Je me souviens de ce rythme régulier de sabots ferrés, aussi régulier que le tic tac d'une montre, sans aucun faiblissement. Sans conteste, il existe entre papa et l'animal une entente à l'unisson qui m'est restée gravée. Parfois, quand il éternue, il nous envoie des embruns ; ou quand il élimine....l'odeur désagréable mais éphémère envahit nos narines. Nous en sommes habitués : la bâche imperméable au niveau des genoux sert à nous protéger de la pluie mais aussi et surtout des pulvérisations "aqua-intestinales" dirigées vers nous.
                             Le break et Bolide. Tous les jours, papa se rendait chez Paulus le carrossier pour faire avancer le travail. Ici, inconsciemment j'inhalais des relents d'acétone des peintures, j'en devenais accroc malgré moi. La réalisation terminée du véhicule  nous voilà sur des pneumatiques silencieux. Ils nous font percevoir les moindres signes de fatigue de l'animal tout dévoué à nos services. Les oeillères de la bride l'empêchent de prendre part à notre plaisir.
                               La conception du break tire de l'ingéniosité de papa. Tandis que la charrette est destinée à Boulet, autre cheval de trait à la carrure d'un étalon de foire, le break, lui, remplace l'automobile réquisitionnée durant la Guerre, il sera le véhicule de substitution. Mais quel véhicule! Taillé dans la carrosserie d'une auto, c'est un hybride. Frein à main de charrette, frein à pied d'auto d'une efficacité assurée. Plancher de charrette, capote servant à la fois de parasol et de parapluie, carrosserie d'auto. Lanternes Fantaisies de diligence, banquettes réglables devant et derrière. Ce qui donne un confort et une esthétique dont papa  garde l'exclusivité et qui fait la fierté de la bête sur les pavés de la Rue Clémenceau de Philippeville.
                         L'itinéraire, lui, paraît monotone. C'est essentiellement de la plaine. Le passage à niveau, gardé par la famille Langella constitue un repère parce qu'un enfant atteint d'une anomalie cardiaque est mort surpris dans son sommeil par le passage tonitruant d'une locomotive à vapeur...Sitôt après, le break amorce une légère grimpée suivie d'une descente. Sur la banquette arrière, je regarde fixement les fils de téléphone : ils montent, ils descendent. Cet effet d'optique à cet âge, effet de mobilité transférée, je l'avais vécu déjà sur les quais du port de Philippeville. Les quais bougeaient latéralement et non la mer. Est-ce une forme d'agoraphobie, de vertige...? En tous cas, l'exemple témoigne bien de l'imperfection des sens qu'appréhende justement Montaigne dans ses travaux de recherches.
                         La Guerre 1939-45, sera terminée, l'automobile devra attendre avant de pouvoir en disposer. Pendant ce temps, Bolide martelant le bitume nous invite à chanter sur son soutien rythmique. Les contre-temps, les syncopes sont une nouvelle acquisition depuis la présence des Américains. Bolide se serait-il imprégné de jazz, lui aussi? En tous cas, la chanson "Mademoiselle from Armentières" colle à ses pas.

                    Conclusion. Pour Philippe, le cheval est toujours resté un animal noble. Par respect pour son compagnon, lui, éleveur, n'a jamais mangé de la viande chevaline. Il se serait considéré anthropophage. A la télévision, au cours des dernières années, la course du Tiercé laisse deviner sur son visage la passion qu'il a toujours ressentie pour le cheval. Si, parfois, l'angle choisi par la Régie de T.V. le prive de l'image qu'il attend, alors, il se lève et la cherche à droite du poste...

                  

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