(cliquez) Nous sommes au Cours Moyen 1ère Année dans la classe de Madame Grima. L'école Victor Hugo était dirigée par Madame Martin (1) qui succéda à Mademoiselle Gemini, elle eut pour adjointes Madame Boutin (2), Madame Grima, Madame Noïque, née Esposito (3), Madame Quinot, Madame Hamoun... Cette école dont l'entrée principale donnait sur la Rue qui vous menait à la Sous-Préfecture, se situait à deux pas de l'église Saint-Coeur-de-Marie (autrefois église St-Philippe) Détruite en 1980, (v.plus loin sur mon blog).l L'entrée, grand porche en arc, je l'ai franchie le soir lorsque jeune, je venais donner des cours particuliers de musique. Nom de l'élève désignée : de g. à dr. 2° rang en position de 4° : Monique Ruopoli. --------------------------------------------------- (1) Madame Martin : rappelez-vous, Madame, cette traversée sur le Chanzy en ce début juillet 1961. Traversée mémorable de la Méditerranée. Vous étiez avec votre famille. Monsieur, Ingénieur Agronome et Professeur à l'Ecole d'Agriculture, a travaillé avec mon père Philippe Di Costanzo, responsable du syndicat agricole. Pour ma part, j'allais découvrir la Métropole pour la première fois. Fonctionnaire comme vous, je bénéficiais d'une traversée gratuite. Objet de tentation : un piano à queue dans la grande salle. Après une heure de récital plus populaire que classique, le commandant de bord m'offrit en reconnaissance,une place de 1ère classe tandis que nous n'avions droit qu'à une 2nde. Malgré ce geste flatteur, j'ai préféré passer la nuit à contempler les reflets de la lune sur le pont dans une chaise longue. Mer calme, mer d'huile. Souvenir des plus agréables! Cette traversée plaisante dura 22 heures. J'y pense! Près d'un siècle avant, pour mon grand-père Jean-Baptiste Di Costanzo, ce fut cauchemardesque, elle durera 30 jours au lieu de 6, délai à l'époque (Ischia-Philippeville). Il fut pris dans la tempête. Cette traversée sera déterminante pour les deux . Lui s'installera à l'Oued Louach, de l'autre côté de la mer, je rencontrerai mon épouse à Hyères. Martin et Marin. Deux noms proches phonétiquement comme dans le métier. Monsieur Marin, Inspecteur Primaire, (expression péjorative devenue Inspecteur Départemental) a mis peu de temps pour me faire apprécier ses qualités exceptionnelles de professionnel. Ses "Conférences Pédagogiques" m'ont montré qu'on avait affaire à quelqu'un du métier, il inspirait le respect. S'il est encore en mesure de lire mon message, je continue à le remercier pour m'avoir aidé lors d'une période dramatique...Il me comprendra ! Sinon, que ses descendants sachent qu'il fut d'abord très humain. Il avait l'esprit "marin"!!! (2) Madame Boutin. Le nom me rappelle ce grand magasin de chaussures de luxe tenu par la famille de même nom. Ils se situait sous les arcades à Philippeville.Me rendant depuis trente ans à Biarritz et Bayonne, ce nom se perpétue avec la même enseigne.Emouvant, non?. (3) Madame Noïque. Elle est la maman de notre cher Georges, le contrebassiste de l'orchestre de Jazz Philippevillois. (v.différentes rubriques sur le blog). Elle fut Maîtresse d'Application à l'école V. Hugo. Pour les néophytes, cela signifie qu'elle était maîtresse formatrice: elle recevait les enseignants en stage. Je la voyais souvent rejoindre son domicile sous les arcades . Elle sortait de sa classe avec son immuable paquet de cahiers à corriger. Tous couverts uniformément d'un protège-cahier rouge et l'ensemble des 35 exemplaires tenus par une ficelle. Sourire charmant. Humeur constante. Calme olympien. Droite comme un "i" sans prétention. Dignité dans sa démarche méticuleuse. Ayant perdu son mari en 1942, enseignant comme elle à Pasteur, près deBatna, plus au sud de Philippeville, elle élèvera dignement ses quatre enfants : Michèle (piano), Jean-Pierre ( + violon), Danielle (+ piano) et Georges (violon). L'orchestre estudiantin dont il est souvent question sur mon site a vu tour à tour Jean-Pierre et Georges tenir la contrebasse. En hommage à ces mamans qui ont su dignement mener de front leur carrière d'enseignante et les exigences d'une famille nombreuse. Enfants toute une journée, enfants en rentrant le soir à la maison, charges familiales, 35 cahiers à corriger, classe du lendemain à préparer, enfants la nuit, puis ça repart : enfants le matin....A ce rythme-là, les vacances si jalousées sont largement méritées. Une consolation :l'enchaînement des journées éprouvantes dans l'amour des enfants. (chez les Martin, la famille était encore plus nombreuse que chez les Noïque).