Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
(photo qui m'a été envoyée par Camille Desvignes : dernier rang et dernière à gauche).
Patientez, je rééditerai cette photo de groupe lorsque mon hébergeur aura stabilisé son opération. Rien ne m'empêche de vous rappeler qu'entre les trois postes de Direction, il se trouve que les anciens élèves qui se sont le plus manifestés sont ceux de Laguépie, mon premier poste et ceux de l'Ecole du Centre, mon troisième et dernier. Seules deux Verdunoises m'ont donné des nouvelles, il s'agit de Nathalie Deleaux et Sandrine Pinède. Les échanges ont été chaleureux.
Je l'ai déjà dénoncé au cours de mes libres-propos sur ce blog : la Vallée de la Garonne draîne des mentalités fugitives. Elles n'ont pas le temps de s'ancrer, pourtant au Moyen Age, les péniches y faisaient étape. Verdun/Garonne, bourg pas assez petit pour sauvegarder les liens intimes que l'on trouve dans les petits villages et pas assez grands pour être une ville. Un jour arrivera-t-il à se déterminer? L'expansion inéluctable due à la proximité de Toulouse va certainement opérer rapidement.. Un point commun aux trois postes : chaque fois que j'ai quitté l'un d'eux, quelques larmes ont perlé au coin de l'oeil. (à suivre....)
Observations pédagogiques. Etudier la table comme une comptine. (1)-Je viens de recevoir du courrier sur "Copains d'avant", une ancienne élève de l'Ecole du Centre rappelle que je lui avais fait étudier les tables de multiplication en chantant. Elle a oublié le plus amusant : c'était en chantant mais aussi en sautant à la corde. Ainsi, la coordination d'une table de 7 rythmée par mouvement labial et la synchro de la corde qui frappe au sol donnait envie de danser, surtout lorsque j'utilisais les percus. En E.P.S., on a dansé sur cet acquis que longtemps hélas on a discrédité : l'apprentissage "bête et méchant" de la table de multiplication. C'est un "crime" que de l'avoir escamotée pendant trop longtemps et je vous en donne les raisons. Notons au passage que la jeunesse actuelle est sollicitée par toutes formes de jeux, d'images, de mouvements propres à la rendre réfractaire à l'apprentissage archaïque qui faisait recette voilà un demi-siècle. Si les enfants ne retiennent plus, optez pour des méthodes attractives, mais surtout n'abdiquez pas! Il suffisait de faire travailler le cortex pour obtenir des résultats, or la participation corporelle intégrale me paraît plus satisfaisante. Voilà 11 ans que j'ai pris ma retraite. J'assure un soutien scolaire aux Primaire, Collège et Lycée. Or, en son temps, un cher collègue, en l'occurence élément actif d'une classe d'Application, un dénommé E... me traitait de rétro après la normalisation de la calculette dans les écoles et établissements.
- " Avec la calculette, pourquoi perdre ton temps à étudier les tables" me lança-t-il d'un air ironique.
- " Et si tu ne l'as pas dans ta poche, comment fais-tu? lui rétorquai-je. Puis d'ajouter :" En voulant te libérer d'un carcan, te voilà encore plus dépendant."
J'avoue qu'elle me rend bien service lorsqu'il faut calculer les logarithmes ou encore dans les exos de trigo. Dans ma jeunesse, il fallait convertir les sinus, cosinus, tangentes et cotangentes par des calculs rébarbatifs... C'est pourtant dans les classes supérieures que les lacunes deviennent dramatiques, les voici énumérées d'une façon non-exhaustive de la VI° à la II°:
- le calcul mental est quasiment inexistant. Calculette main gauche, stylo main droite. Tant pis si l'écran affiche des énormités. En une heure de cours, le prof. n'a pas toujours le choix, s'il veut finir son programme...à commenter!
- à des fins d'analyse, l'opération posée, surtout le calcul du quotient, est devenue un cauchemar. Par contre, j' utilise l'engin pour vérifier les résultats (la preuve par 9 est abolie).
- la simplification des fractions : je relève qu'on fait appel à des artifices qui contournent l'irréductibilité traditionnelle. Mais que de complications pour rien. (divisibilité, PGCD ou PGDC, PPCM ou PPMC...en ont pris un sacré coup...)
- le plus grand désastre : l'élève n'anticipe plus.
Dans l'Antiquité, la division Euclidienne était réservée à une élite. Il y a peu d'années, ces élites se trouvaient être vous mêmes parents, ou grands-parents. Sans la calculette, tout le monde savait opérer. Il serait bon de faire un test à l'échelle nationale pour en conclure que les mécanismes opératoires s'acquièrent d'abord au CE2, au terme duquel, il y a 30 ans, il fallait notifier sur le dossier scolaire s'ils étaient acquis; puis, les plus complexes s'opéraient aux CM. Passé cet âge, il deviendra difficile de retenir "par coeur" cette non-acquisition qui va sanctionner l'élève dans le Secondaire. Un test tout simple : savoir que 7 x 8 = 56, c'est déjà une preuve que les autres produits devraient être sus. Mais combien d'élèves de tous âges restent coi..lorsque vous leur posez la question?.
Alors, faut-il se considérer retro que d'exiger un minimum de leur part? Savoir que 2 et 2 font 4 (en base décimale) c'est bien dans le détail. Mais après, essayons de ne plus y revenir. Lorsque vous prenez le volant de votre véhicule, est-ce que vous vous posez toutes les questions théoriques. L'habitude est une seconde nature. Vous démarrez et votre comportement ne dépend plus du pourquoi....Demandez à un concertiste si le soir devant le public, il va couper les cheveux en quatre pour repenser l'oeuvre. Après l'assimilation du mécanisme, après avoir surmonté les difficultés eu égard à la technique, place à l'inconscient ou au subconscient, . Il en est de même pour beaucoup de disciplines d'enseignement. Il ne s'agit pas d'intégrer la famille des psittacidés : ne confondons pas le discernement avec les mécanismes qui libèrent.
Autre observation relevée chez l'adulte. Ayant assuré les cours de maths durant 20 ans auprès des candidats aux concours administratifs, en 1984, une circulaire ministérielle, autorisait l'emploi de la calculette. Tout le monde se frottait les mains en croyant court-circuiter les opérations absurdes. L'effet pervers ne tardera pas à s'affirmer : au lieu d'une heure et demie consacrée à l'épreuve, on n'aura droit qu'à une heure. Mais quelle heure! Tension, réflexion tout dans la crispation, tandis qu'auparavant, l'opération permettait de souffler. N'est-ce pas une analyse à prendre en compte pour l'enfant?
(1)- Beaucoup de parents qui me confient leur enfant en difficulté scolaire me demandent d'écrire sur les méthodes pédagogiques que j'ai expérimentées. Je connais la susceptibilité de mes collègues, il serait malvaillant de vouloir prétendre leur suggérer telle ou telle méthode. L'enseignement passe d'abord par la personnalité de chacun. C'est pour cette raison que les Pouvoirs Publics se heurtent à des résistances. Cela a été de tous temps. Pour ma part, le diplôme de Conseiller Pédagogique n'a pas été suivi de pratique d'école à école- ressemblant à un vendeur de recettes comme m'avouait l'un de ces ambulants. Je suis resté sur mon poste, mon labo a été ma classe. Les charges de direction m'ont empêché d'approfondir mes méthodes. Aujourd'hui, libéré de toute contrainte, je me fais plaisir à tirer partie des idées semées. Et les jeunes en profitent.