Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
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Sur le cliché, de dos, Gérard au clavier "mène la danse". Il s'agit d'une Jota, avec l'un des groupes de l'Ecole du Centre où il n'a cessé de jouer le rôle de Directeur-Animateur de 1984 à 1997. N'est-ce point ce statut que l'on souhaita après mai 68, période rebelle à toute forme de hiSérarchie? L'honorable professeure d'Espagnol du Lycée Michelet, Madame Pasteur (+) a mis d'abord en place la phonétique, elle assure régulièrement la sensibilisation de la langue au Cycle III. Le même travail sera fait pour l'Anglais et sa musique syncopée. Au 1° plan de dos, une partie des spectateurs, ce sont des patients de l'Hôpital.
1°) Générations, Rupture? Définition: On entend par rencontre intergénération, la rencontre provoquée entre de petits bambins de la première enfance avec la population du 3° âge qui vit en espace clôt - Hospice ou appartements aménagés.... Dans un premier temps, le plus jeune n'en saisit pas encore le sens et le plus âgé y voit le reflet de sa prime jeunesse. Reflet nostalgique régénérant l'âme d'enfant dissimulée dans chacun de nous.
En ce moment, je fais partie du jury au Concours d'ATSEM (aides maternelles). Une question revient souvent :" Que pensez-vous des rencontres intergénérations?" Bien sûr, la candidate est souvent prise au dépourvu. On s'est aperçu que la visite d'enfants en gériatrie sensibilisait les adultes et les gamins. Peut-on s'interroger sur cette prise de conscience apparemment récente ? La France traditionnellement agricole masquait le problème des générations cumulées en les confinant sous un même toit. Il arrivait même d'y intégrer des handicapés mentaux ou moteurs. Sous l'ombrelle protectrice, les tensions humaines étaient étouffées par le "Padre" qui régentait tout. Aucun problème social, sinon celui familial. Une génération de sacrifiés réduite au silence, la génération intermédiaire. L'exode Rural et la femme au travail, les "vieux" deviennent dès lors encombrants.Le recul de longévité décuple le problème. S'orientant vers des structures d'accueil démesurément coûteuses, quand on a les moyens pécuniaires, on assume, on essaie de vivre dans une nouvelle bulle. Ainsi, la relation entre générations est en rupture. Rupture affective, rupture avec les traditions, rupture avec ses racines, le chaînon familial est rompu. Aussi ne nous étonnons pas que les observateurs scientifiques fassent état d'une ignorance entre les âges extrêmes. Il en était tout autrement auparavant. Je voudrais citer Philippe Di Costanzo. Il prenait plaisir à nous rappeler les moments savoureux que son grand-père, le patriarche Antoine, lui offrait quelques années avant sa mort. Les histoires qu'il racontait à ses petits-enfants ont développé l'Imaginaire, cette vertu propre à l'innovation et à la création, mais il ne négligeait pas de rappeler où sa lignée prenait racine et le lien intergénération était établi. (A 92 ans, il trouvait encore le moyen de se rendre utile en allant couper l'herbe pour les lapins et tresser les corbeilles d'osier pour l'emballage des fruits (dixit Philippe). Ici, l'espace permet de mieux s'organiser que dans une HLM. Croyez que la rupture était évitée).
Que nous reste-t-il ? Nous qui appartenons à la génération devenue urbaine et encore sensible au respect des Anciens? Quelques réflexes instinctifs dûs à notre éducation. Que restera-t-il pour les descendants? Le pire? Eh bien détrompez-vous. C'est ici que l'homme a des ressources surprenantes pour montrer qu'il aime la continuité. Quelques exemples illustrent mes observations. On trouve de plus en plus de passionnés de généalogie- ils sont de plus en plus jeunes-, de manifestations intergénérations, de conteurs dans des clubs, dans les écoles : dans ma classe, les élèves préféraient rêver avec un conte que visionner une cassette vidéo, une conteuse professionnelle diligentée dans mon établissement me révéla cet Art comme venant compenser l'absence des grands-parents. Inutile de rappeler l'attrait qu'elle exerçait sur l'ensemble des élèves!....N'est-ce pas là un besoin d'écoute qui rappelle le "Papé chaussé d'esclops" au coin du feu? Bref, tout ce qui pourrait nuire à nos racines trouve un antidote. Il faut s'en réjouir!
Bien avant le constat scientifique des Sociologues, j'ai fait en sorte que les élèves se rendent dans les Hôpitaux et Hospices. Je n'en ai aucun mérite car je n'ai fait que reconduire l'expérience de la Chorale "La Grégorienne" à laquelle j'ai appartenu en 1952, c'était à Philippeville quand j'étais adolescent. Les choristes s'étaient rendus à l'Hospice de cette ville pour offrir un concert aux pensionnaires ravis. Une évidence morale mobilisatrice dictée par nos parents : " Tu seras traité par tes descendants de la même manière que tu auras traité les personnes âgées..." De quoi avoir la "trouille"....!!!!
Bilan :Avec les différentes interventions en milieu clôt, les pensionnaires ont parfois montré leur faiblesse: entre celle de Philippeville dans les années 50, celle de Laguépie (1963-1972), celle de Verdun (1972-1984) et celle de Montauban (1984-1997) le large champ d'investigation fut révélateur d'un comportement choquant pour nous qui vivions à l'extérieur de l'Hospice. Lorsqu'une prestation n'avait pas tenu compte d'un impératif d'horaire, celui du goûter ou du dîner, l'intérêt du spectateur diminuait d'une façon flagrante. Une année, pour des raisons indépendantes de notre volonté, une séquence s'est terminée à 19h. moins cinq., je sentais dans la salle une baisse d'attention évidente. A l'heure "pile", les adultes se sont précipités sur les tables du Réfectoire pire que des enfants livrés à eux-mêmes. Un conflit choqua mes élèves, deux hommes s'empoignèrent pour récupérer la serviette que le vis-à-vis avait prise par inadvertance. Lorsque les internes en arrivent à mener une vie végétative, tout doit être fait pour éviter de les diriger vers un mouroir. En admettant, que la régularité des repas soit devenue une règle absolue à cet âge, lorsque l'on perd les convenances, on retourne à l'égocentrisme d'un gosse...Tableau sinistre. Remède: éviter l'oisiveté. Multiplier les ateliers actifs...Autre observation relevée par la religieuse directrice de l'Hospice de Laguépie, les manuels à la retraite vieillissent mieux que les intellectuels. En 1965, on ignorait l'existence de la maladie d'Alzeimer...
2°)Autres Réflexions. Sur la photo, les élèves de l'Ecole du Centre de Montauban sont à l'Hôpital Psychiatrique. Ils viennent tout juste de se produire sur la scène du Théâtre Municipal de la Ville. Leur répertoire ne manque pas de dynamisme : chants traditionnels en Anglais, en Espagnol et en Français. La présence de la batterie, à droite, prouve qu'il ne s'agit pas d'une "Ballade sentimentale"! Ca swingue, ça balance, ça transcende! C'est ce que le bambin d'aujourd'hui demande avant tout. Puis, pour un retour au calme, on puise dans un répertoire plus classique. Avis aux programmateurs des Lycées et Collèges! Les jeunes chanceux qui accèdent d'emblée à la Musique Savante (1) sont hélas trop peu nombreux. La musique élitiste a ses revers. N'est-ce pas dans la Classe de Musique des Collèges que les profs se font le plus chahuter? La masse inculte qu'il faut émouvoir, plus sensibilisée au rythme pourrait commencer par là. Puis, avec un programme savamment étudié, on peut atteindre ses objectifs en évitant le malentendu entre le pédagogue et l'élève. De toute façon, la sensibilisation aux langues étrangères s'est vue renforcée quand l'orchestre prêtait son concours. C'est le cas sur le cliché.
Autre observation. La musicothérapie fait ses preuves. Avec le contrebassiste Monsieur Barrière, parent d'élève et infirmier à l'Hôpital psy, quelques malades jouant d'un instrument viendront spontanément grossir l'effectif de l'orchestre "Jazz Center". Formation née à l'Ecole du Centre.
(1)- N'oublions pas que la musique dite "Savante" fut d'abord populaire donc à la portée du peuple. Ce sont les Maîtres Compositeurs qui l'ont ennoblie. Suivons le même cheminement si l'on veut motiver la Masse ignorante, c'est le but de l'Education Nationale. L'Erudition du Professeur d'Art Musical risque d'accentuer le fossé entre lui et la Population de Jeunes. Ceci n'est qu'un avis personnel. Lors de mes années d'enseignement, on m'a toujours sensibilisé à la Pédagogie Active. L'ont bien comprise Orff, Wytack et tous les chefs de file qui n'ont recueilli que du respect...Si vous aviez été un peu plus proche des Réalités, mon cher IPR musical, coincé dans votre Art Guindé, allant jusqu'à la sanction d'idées originales, beaucoup plus d'améliorations auraient été apportées au sein des Etablissements Scolaires. Pour ma part, j'ai réussi à me libérer de votre joug et offrir à mes élèves la joie de vivre!.
Voici ma progression largement expérimentée : d'abord du jazz, ensuite du Bach et enfin tous les compositeurs inaccessibles. D'aucuns iront même à bouleverser cet ordre. C'est à chacun de se situer!