Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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Clichés 1 et 2 . Côte du Monplaisant
Cliché 3 . Rue D'Austerlitz ou Rue des Arbres. Le tribunal au bas de la rue à gauche, la prison au bout de la rue en haut. Sorti du jugement, ou l'acquittement ou bien tout droit vers l'impasse! Tout un programme!
Cliché 4 . Le Port
Cliché 5 . Le Tribunal et le Théâtre (Tirés du film-vidéo de Gabriel Hemmer). A l'angle de la rue, un kiosque de tabac, en 1948, j'avais 13 ans, un vendeur de glace, installé devant, m'incitera à commettre mon péché mignon, la consommation d'une gourmandise ,'the Ice Cream". Il préparait surtout du créponnet, le véritable,celui fait de glace concassée et de citron frais pressé. Il remplissait un petit verre. La dose valait 5 sous. Ce dimanche matin de cannicule j'en ai avalée 25 sans interruption. Sacré gourmand! Sacré souvenir d'ado!
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La Côte du Monplaisant ou souvenir d'enfance.
Images banales. Images des plus banales. Un souvenir d'enfance n'est pas exigeant, il est ce qu'il est : une image forte pour soi que le subconscient enregistre à vie. Il suffit donc d'une simple photo ou d'un simple échange pour déclencher le mécanisme du délicieux souvenir d'enfance.
Pourtant, cette côte m'a fait souffrir. Monplaisant? Plaisant pour qui?
Historique. En 1943, mon père Philippe venait de vendre le domaine du Saf-Saf. Il était associé à son frère aîné Thomas, décédé trop jeune hélas! Les causes de cette vente je les précise plus loin. Sitôt sa part perçue, mon père se mit à la recherche d'une nouvelle propriété. Il n'eut pas le temps de trouver une affaire que la récession transforma son capital en monnaie de singe. Ruiné, il sera contraint de se relancer courageusement avec quatre enfants à charge. Il loue d'abord chez Xuereb, au pied du Mamelon Négrier, puis sur la Route de Saint-Antoine face au dancing "La Vigie". Privés de véhicule réquisitionné pendant le conflit, nous sommes obligés de rentrer à pied à la villa sise Rue des Aurès.
Mes souvenirs vont donc vers cette côte que j'appréhendais de gravir chaque soir. Toute la journée, j'avais gambadé autour de la stabulation. J'aimais la passer avec mon père. Ici le cadre était différent du domicile. Orgues de Staline pointées vers le ciel, aucun doute sur leur vocation anti-aérienne. Notre voisin Gally et le renard voleur de poules. Il tenta en vain d'engager mon père dans la politique. Chez nous, ce sujet est tabou. En plus de ce flash-back, cette même année nous aurons droit aux pires inondations par la sortie des eaux de l'Oued Saf-Saf. La crue avait emporté la récolte d'oranges venue des propriétés en amont. Eau boueuse mélangée à l'eau couleur orange que donnaient les fruits en surface. A l'heure tardive, sauver les bêtes de l' immersion totale fut une prouesse. Dans l'affolement général aux cris des porcelets, des truies, des verrats, au hennissement des chevaux, au beuglement des bovins, tous ces animaux apeurés, par contamination, accentaient les dramatiques plaintes et offraient un spectacle sinistre rendu plus poignant par l'éclairage d'une simple lanterne à pétrole à visibilité réduite. Le personnel insuffisant en nombre fut confronté à une marée qui déferlait au galop. On évita le pire!
Les restrictions nous avaient aguerris. Bien que le lopin de terre et le cheptel nous évitaient la famine, la gourmandise m'orientait vers ce fût de biscuits récupérés auprès de l'Armée Britannique pour nourrir les porcs. La plupart étaient moisis, mais on en trouvait encore de consommables. Trop petit pour atteindre le fond du tonneau, c'était mon frère aîné Aimé qui plongeait la tête la première pour les récupérer. Le soir venu, las, épuisé, j'attendais que mon père finisse de distribuer les rations aux bestiaux, assis dans une mangeoire en ciment je l'imaginais en mangeoire volante, elle aurait pu m'éviter de gravir cette côte du Monplaisant.
La nuit tombée, muscles raidis par mon défoulement débridé d'enfant, j'emboitais le pas. L'itinéraire était simple mais immuable : la côte Négrier, le forgeron, la descente sur la menuiserie Billante, puis le domicile du maçon Barracco, l'Eglise Ste-Thérèse, l'usine de pipes Amiel, devant celle de pâte alimentaire Bouchet - père de Claude, virage à gauche,et garage Buono - oncle de feue Jany, premier supplice :une côte abrupte, puis une deuxième...interminable grimpée. Ouf! nous voici sur le terre-plein au niveau du bâtiment Grosso - domicile d'Hemmer. Ici, courte étape. Ce soir, le ciel est net. On découvre le firmament. Mon père en profite pour me familiariser avec la terminologie astrale - Grande Ourse, Petite Ourse, Chariot, Etoile du Berger...initiation qui ne pouvait avoir lieu qu'à une période nocturne, hors cadre scolaire. A droite, la Mosquée Sidi Ali Dib, puis l'Ecole Cianfarani, ça sent l'écurie, c'est le chef des éclaireurs et son cheval. La Rue des Aurès c'est chez nous. Ouf! Il était temps. Le lit sera le bienvenu après le dîner pris en hâte!