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2006 -Du Viaur à Laguépie au Saf-Saf à Philippeville...

(cliquez)
                    On ne peut résister à son pouvoir de fascination. Voilà ce qui manquait à ma culture Méditerranéenne orientée vers la "Bleue" depuis ma tendre enfance. Ici, j'ai appris à découvrir un autre sens de la Nature. Celle devant laquelle le Peintre impressionniste vient chercher son inspiration, le Douanier Rousseau n'aurait pas manqué non plus de planter son chevalet à partir de ce pont pour fixer sur sa toile toutes ses émotions, que je me permets d'intituler "Reflets". 
                        Avant le confluent, le Viaur semble mettre tous les atouts de séduction de son côté avant d'être phagocyté par l'Aveyron, fleuve plus torrentueux, mais moins attractif. Son eau limpide, immaculée, attire les amateurs de pêche à la truite. A quelques mètres de là, il va donc donc se livrer à son rival, pour être immanquablemnet avalé. Qu'il fait bon vivre sur ses rives l'été! La faune et la flore semblent s'être concertées pour rendre ce paysage des plus attrayants. Cette eau paisible peut témoigner de l'aboutissement d'une réconciliation des habitants des deux rives, après des  siècles de tensions. Le Viaur, frontière naturelle de deux départements, de deux terroirs, le Tarn et le Tarn-et-Garonne vous apporte ici un havre de paix.
Commentaires : Bernard Duprat (1908-1974), mon oncle par alliance, grand amateur de pêche à la truite, ne tarissait pas d'éloge en parlant de la qualité de ce cours d'eau. Pourtant, dans le Jura à Port-Lesney, la Loue lui procurait le plaisir attendu par un fin pêcheur à la mouche. Mais, sur le Viaur, en remontant le courant, il y découvrait un cadre sauvage et authentique comme il le souhaitait.  Même quand il revenait bredouille, il ne se lassait pas de vanter la qualité de son expédition qui démarrait aux aurores. La truite  savait défier la science de ce  pêcheur expérimenté. En "pro" il se contentait du plaisir de lutter contre l'hostilité de la provocatrice. Son épouse Germaine, repue depuis des années, était contrainte de consommer des poissons de rivières, d'un retour stérile, elle n'en était que plus satisfaite. Ses racines semi-Corses, par sa maman Giacometti, l'incitaient plutôt à savourer des poissons pêchés en mer, comme j'en eus le privilège au cours de ma jeunesse Philippevilloise. Aussi, ai-je eu quelqu'appréhension, lorsque mon oncle voulut me faire goûter une truite. Des poissons du Saf-Saf, rivière d'Algérie, j'en ai gardé un souvenir insipide. Rien à voir avec une délicieuse truite aux amandes.
Souvenir d'enfance d'un déraciné . Lors de ma jeunesse, avec mon frère aîné Aimé, nous partions braconner dans l'oued réduit à un ru pendant l'été. Ce braconnage se déroulait chez Marrou(1), ferme prospère en agrumes, située face à l'école d'Agriculture. Nous confectionnions des sas avec du grillage à très grosses mailles pour ne capturer que les gros calibres. Nous partions en amont pour rabattre le poisson dans les moindres recoins,et en lui imposant le passage obligé en entonnoir. La récolte des plus fertiles nous imposait un séjour dans un bassin de décantation ou simplement dans le puits. Au bout de quelques jours, la plupart des carpes ou autres specimens mouraient dans cette prison aqueuse. Mais le Franc-Comtois d'oncle, m'a appris à mieux apprécier l'incomparable poisson de rivière Métropolitaine.
(1) En 1908, Madame Marrou a été l'institutrice de ma maman Françoise Balestriero, à l'école de Damrémont (v. site de Suzette). Elle eut deux enfants, l'une Institutrice à Bessombourg, l'autre avocat. Donc, aucun héritier terrien. En 1946, mon père sortait d'une crise financière redoutable : de propriétaire de domaine, le voilà locataire. Mais, cette ferme riche dans cette plaine alluviale de St-Antoine,  servira de tremplin pour rebondir dans son métier d'Agriculteur. Je me souviens de ce dimanche où nous rencontrions pour la première fois cette institutrice à la retraite. Elle était marquée par les rudes années mais surtout par le décès récent et accidentel  de son époux. L'exploitation avait besoin d'un gars compétent comme papa pour redorer le blason. Nous avions comme limite la rivière du Saf-Saf, au débit irrégulier, capable de sortir de son lit  en période de crue et de se rétrécir en période de sécheresse. L'été, le cours d'eau réduit dégageait une odeur fade, saveur que nous retrouvions dans le poisson qui vit dans les eaux chaudes. En comparaison avec celui pêché dans le Golfe de Stora, vous admettrez que l'on pouvait faire un choix judicieux. Depuis, j'ai appris à savourer toutes sortes de poissons.
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