Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
2 clichés extraits du film de Hemmer)
Intro: l'opérateur Gabriel a su engranger dans sa caméra ce que beaucoup d'autres ont laissé échapper : aller vers le détail avec sa sensiblité. Paradoxalement, comme dans tout art, la finalité du reportage ne peut que mieux nous émouvoir. Merci.
Observation du cliché ou réflexion. Comment ne pas reconnaître le don de commerçant bien représenté sur la photo? La force de l'Arabe est de se contenter d'une marge bénéficiaire modeste. Il est aussi doué pour cela dans son pays qu'à Argenteuil où il excelle dans la façon de procéder. Dans mon quartier à Philippeville, j'en ai connu un ambulant. Une corbeille plate, d'un large diamètre, posée en équilibre sur la tête solidement ancrée sur ses épaules, le voilà héler sa clientèle :" di chou, di carot', di navi...ti vi rien madam' ? " Produits frais, irréprochables. Sa balance portative. Toujours bon poids. Ma maman demeurait une fidèle cliente, malgré l'abondance de légumes et fruits que papa fournissait à la maison. Dans notre quartier, nous avons toujours vécu en osmose avec la population indigène.
Je suis heureux de m'apercevoir que ce que me disait Claude Bouchet se confirme. Le peuple algérien a trouvé une certaine opulence. Aujourd'hui, nous savons que sur notre planète, tout pays qui ne se développe pas pose problème au reste du monde. Nous ne sommes plus au temps où nous devons l'ignorer. La famine dans tel ou tel pays, même à l'autre bout du Monde, engendre des tensions chez vous et ailleurs. L'indifférence de notre part peut avoir de lourdes conséquences immédiates ou différées. L'Etat Providence pour un chef de gouvernement, à terme, mène le peuple vers la non productivité et la dépendance économique. Le plus souhaitable est d'appliquer le proverbe Chinois :" Plutôt que lui donner le poisson, apprends-lui à le pêcher...!"- Les Skikdis s'en sont largement inspirés à Stora, port de pêche devenu très actif. Comment ne pas s'en réjouir!
Histoire d'une pionnière.
En observant ces casiers du marché couvert, je ne peux m'empêcher de penser à ma grand-mère paternel Marianne Di Costanzo née Balestrieri (4/08/1862-9/04/1937). Selon ma maman, Marianne, contraction de Marie et Anne, s'était fait une clientèle assidue en vendant les produits de la propriété familiale. La minutie de ses doigts de fée, la connaissance de ses clients exigeants, la qualité exceptionnelle des produits frais, comment ne pas courir à son stand, pris d'assaut dès son arrivée. Elle a ainsi contribué à l'extension du patrimoine familial. (v. dans le blog sa récompense sous forme de diplôme qu'elle reçut à l'issue de la guerre 14-18)
Déroulement d'une journée :
4 h. du matin : lever
4 h.30 : chargement de la charrette quand ce n'est pas fait la veille et direction le marché.
5 h. : Jean-Baptiste son mari, dépose son épouse et la marchandise au marché de détail et lui se rend vers le marché de gros déposer le reste des fruits et légumes.
13h 30: retour à la propriété aux "Quatre-Routes", à la Porte des Aurès où l'attend sa dernière fille Thérèse pour son traditionnel éclair au chocolat.
13h.45 : reprise en main de la famille nombreuse. Repas, lessive, ménage...
18h.ou 21h : (selon les saisons, car l'agriculteur travaille avec le soleil) poursuite des tâches ménagères tout en surveillant l'emballage de la cueillette pour le lendemain. Elle veut y mettre sa personnalité pour ne pas décevoir le client. Les enfants sont tous scolarisés. Ils font leurs devoirs à la lampe à huile : gare aux empreintes graisseuses sur les cahiers. Eux aussi ont une journée longue.