Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
pour l'agrandissement cliquez sur 1 icône à la fois)
n°1 n° 2 n°3 n°4 (photo de 1960)
Trois photos d'une série tirée du film DVD de Grabriel Hemmer.
Intro: combien de fois suis-je passé devant cette mosquée sans avoir pu rentrer une seule fois? Je regrette que cette distance prise entre les croyances ait été entretenue. Depuis, je me suis rattrapé. Mais dans ma jeunesse, je n'ai visité ni Synagogue, ni Temple et ni Mosquée. Or, la seule façon de rapprocher les gens est de faire sauter les barrières qui les séparent. Depuis cet enfermement absurde, les émissions télévisuelles religieuses nous font entrer de plein pied dans chacune des Religions et même au delà.
1° photo : les colonnades et les murs sont dépouillés : pas une seule illustration. Pour un musulman, la représentation divine est un sacrilège (ahrâm=interdit). Historiquement, Mohamed, le prophète s'était insurgé contre les idolâtres au même titre que Moïse (= Moussa pour les Musulmans) en colère contre son peuple qui s'était mis à adorer le veau d'or. Depuis, toute représentation d'Allah est strictement interdite. Lorsqu'avec mes voisins musulmans, Rue des Aurès, nous échangions nos points de vue : ils pensaient que dans les églises, les images, les statues étaient aussi répréhensibles. Je leur rétorquais que la matière représentative n'était qu'un moyen d'orienter son regard verticalement vers le ciel. Que des génies comme Michel Ange ont marqué l'esprit du fidèle, et l'Art Sacré est un monument indestructible. Mais où le musulman a raison : c'est que l'image, comme tout matériau, court le danger de s'user. On finit par se lasser pouvant semer la confusion entre l'Etre Suprême et sa représentation. Tandis que chez les "mousselmines", l'imaginaire au sens noble du terme se renforce, et l'inaccessible Allah traverse le temps sans prendre une ride. Deux concepts différents qui nous forcent au respect mutuel. Quand l'Invisible devient trop inaccessible, le Musulman et le Chrétien se tournent vers leur Prophète. Mohamed pour l'un et le Christ (Sidna Aïssa) pour l'autre. Avec le Judaïsme, le tronc porteur, il faut admettre que les religions monothéistes ne sont pas étrangères à l'évolution de l'Humanité. Leur difficulté a été et sera leur remise en question en toute humilité quand cela devient nécessaire. Leur compromission avec le pouvoir politique ne leur a apporté que des soucis. Entre le Pouvoir Spirituel et le Pouvoir Temporel, la théocratie, le pas est vite franchi, mais les conséquences peuvent être à long terme, les pires épreuves pour la survie d'un Courant de Pensée entraîné souvent dans la corruption.
2° photo : tandis que je faisais passer un CAP d'enseignement, cette fois, dans une Ecole Libre, en compagnie de l'Inspecteur Départemental, feu Gabriel Chapeau, celui-ci devant un dessin de classe me dit ceci :" Le rond est la forme géométrique parfaite...elle se rapproche du Créateur..". Concernant le dome de cette mosquée, je n'ai plus rien à ajouter, surtout quand il s'agit d'une voûte semi-sphérique
3° photo : si les illustrations sont interdites dans une mosquée, par contre, l'écriture peut convier les fidèles à la méditation. Ecriture haute moins éclairée, je lis à peu près ceci " a laïh rajiroun, Allah Kbar" (ils sont revenus, Dieu est Grand). Sous les voûtes, écriture inférieure éclairée pour l'opérateur on lit aisément : " Mohamed" ...
4° photo : c'est tout ce que je connaissais de cette mosquée vue de l'extérieur. Non! J'oublie. Quand Fatima aidait maman à la villa, elle me montrait du doigt, l'aiguille géante au faîte de toit. Elle me disait ceci :" Tu vois, si tu fais le mal cette aiguille te transpercera les yeux...!". J'en tremble encore. A l'heure de la prière le muezzin, sans ampli et du haut du minaret, invitait les fidèles au recueillement par la formule répétée "Aya ou salem", voix mi-monotone, un peu sinistre pour le bambin que j'étais, le religieux se déplaçait aux quatre points cardinaux. Pour clore l'appel, sa voix s'estompait progressivement en decrescendo, comme une sirène, en musique, cela porte le terme de "soufflet". Aux heures canoniques (tiens! le Qânoun ou loi se retrouve chez les Chrétiens, le Canon, le droit canon) on l'entendait parfaitement bien au-dessus de la ville.L'heure la plus marquante était celle qui correspondait à celle où je me levais très tôt pour les vendanges. L'écho de la voix portée ajoutait aux chants de coqs qui rivalisaient.Dans la journée, la voix se mêlait au tintement des cloches de l'église (démolie en 1980, v. plus loin).
Réflexions : 1°) Théologie et Philosophie. En Occident et au Moyen-Age, elles faisaient partie des matières indissociables de la Connaissance, stade d'érudition équivalant à l' Aalem chez le Musulman. Au Lycée, l'étude des Religions récemment mise au programme est une sage décision. Nul ne peut contester qu'elles ne sont pas étrangères à l'Histoire. Le seul danger est celui de confier cet enseignement à des Pédagogues peu objectifs. Nous savons que l'objectivité en histoire est déjà difficile. Je dirai même que leur poste leur octroie une liberté de parole. Plus encore, pour les religions, avec une population hétérogène , le moindre mot mal employé peut avoir des répercussions néfastes sur l'adolescent vulnérable, portant en lui une culture respectable. Comme en politique, où combien d'enseignants ont souvent oublié que dans une classe on se heurte à plusieurs sensibilités...La Laïcité, synonyme de Neutralité, produit alors l'effet contraire. Croyez-moi, pour rester Neutre, il faut une grande maîtrise de soi, malgré le Savoir en ce domaine.
2°) Religions, gage de Paix? : sciemment je n'aborde que celles qui ont pour berceau le Bassin Méditerranéen, c'est-à-dire celles issues du Judaïsme. Ma conscience me dicte qu'il ne faut pas oublier les autres comme le Boudhisme, dominé par l'intériorité. Gandhi, le Christ, Martin Luter King.ont utilisé l'arme la plus redoutable qui soit : le pacifisme. Ils ont utilisé la Paix contre la Force,citée dans l'ordre: l'Empire Britanique, l'Empire Romain, et l'Impérialisme Américain sur les Blacks. Autant pour l'un que pour l'autre la déstabilisation du Pouvoir opprimant s'est effectuée sans effusion de sang, sinon le leur sacrifié pour le bien de l'Homme épris de Liberté. Vous remarquerez que ceux qui ont utilisé la violence, celle-ci se retourne contre eux inexorablement. Comme disait ma maman dans un langage napolitain très coloré :"J'batte", c'est-à-dire qu'on s'agite mais on ne trouve pas la Paix.