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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1894-1982 - 5 Septembre - Di Costanzo Philippe, grand instigateur de la mémoire.

 Photobucket  (cliquez pour le plein écran)                          >ANNIVERSAIRE D'UN FAMEUX PERSONNAGE.
Concernant cette page sur mon père Philippe, le texte utilisera tour à tour la première et la troisième personnes. Je laisserai parler celui qui est à l'origine de toute la mémoire familiale. Je relève qu'il ne fut pas un agriculteur soumis à la routine. Il aimait innover, faire des recherches scientifiques pour lui même et pour en faire profiter les autres, puisqu'il fut secrétaire du syndicat agricole durant de nombreuses années.
                 (Philippe parle). Je suis né ce 5 septembre 1894 aux Quatre-Routes à Philippeville. L'accouchement en zone rurale était alors assuré sans présence de médecin ou chirurgien. Les morts-nés ou les femmes décédées en accouchant étaient hélas une banalité. Ma famille comptait 3 garçons et 4 filles. Ma maman Marianne, femme très active, nous a élevés dignement. Mon père Jean-Baptiste, mettait tout son orgueil dans la réussite de sa nichée. Pourtant, les aléas n'ont pas manqué : comme le dit Gérard, mon fils, dans ma biographie, "Je suis né sous le signe zodiacal méconnu des astrologues, celui du phylloxéra". Pas de recettes pour faire vivre la famille dans l'aisance. Heureusement, l'élevage, la présence du cheptel, les légumes saisis sur place pour la vente étaient consommables pour la famille, ainsi écartée de la famine.
                Photobucket (cliquez  pour l'agrandissement)  Cette page extraite d'un fascicule de math ayant appartenu à Philippe, mon papa alors âgé de 13 ans et demi, témoigne du niveau scolaire en 1906. Et il n'était qu'en Primaire Supérieur. Aujourd'hui, en Seconde du lycée, on aborde tout juste le système à deux inconnues. Inutile de vous dire que j'y puise quelques exos pour mes élèves de lycée ayant besoin de soutien.
Philippe poursuit son autobiographie : Mon père Jean-Baptiste , illettré, a tout fait pour que ses enfants s'instruisent. Selon mes maîtres j'aurais pu continuer mes études, toujours selon eux,  j'avais des dispositions pour devenir  technicien supérieur voire ingénieur. Mais le plein air, l'activité intense en famille, en famille soudée, eurent raison de mes orientateurs. Je suis né entouré de terre, je ne pourrai plus m'en détacher. Et si vous y faites courir un cheval, vous aurez cerné mes deux passions.
                  Le cheval, ma passion. Mon prénom prédestiné pour m'attirer vers ce quadrupède intelligent et affectueux, me rend perplexe : comment peut-on porter un nom dont la signification (phili=philo=
ami et hippos=cheval) va déterminer un penchant définitif pour cet animal?
                  J'ai profité d'une famille très unie, du moins avant que mes frères et sœurs créent leur propre famille. Nonagénaire, mon grand-père Antoine (1815 ?-1907), après avoir liquidé ses biens en Italie, est venu finir ses jours auprès de son fils Jean-Baptiste, il débordait d'affection pour nous enfants.  Plus disponible que mes parents trop occupés, il disposait de tout son temps pour nous raconter des histoires. Je l'ai beaucoup aimé. Dans les activités ludiques, il nous initiait  à utiliser les matériaux simples tels que le bois, la pierre ou le métal. J'ai appris à façonner mes jouets, plus tard, je façonnerai mes outils de travail. Mêlé à la cueillette des fruits et légumes, mêlé aux vendanges marquées par la joie des chants sur les chantiers, mêlé aux réjouissances et aux tracasseries, le décor est planté pour faire de moi un inconditionnel de l'agriculture. Les rudiments du métier ont été appris sur le tas, avec un pédagogue de père praticien éprouvé. Mais l'achat du Domaine de Saf-Saf en 1929 va m'obliger à reconsidérer les méthodes appliquées par nos ancêtres. La modernité est à nos portes. La Mécanisation  souffrira d'une pléthore de mains d'œuvre non qualifiées. En 1947, je retrouverai mon terroir, celui qui m'a vu naître, je veux citer l'Oued Louach. Le bonheur sera de courte durée. Le contexte social n'est plus celui d'avant la Guerre 39-45.  
             L'amour des enfants. Il m'avouait avec un soupçon de pudeur que cet amour allait croissant avec l'âge.
(portrait vu par Gérard, son fils). Connaissant mon père sur ce chapitre, son humilité fera qu'il occultera l'essentiel. Je prends donc la parole. Voici les enfants qui ont eu affaire à Philippe et qui ont été influencés:
 1°) Les enfants Thomas Di Costanzo, son frère défunt (au titre de Subrogé tuteur des neveux) : Anne (Nanette)- Germaine-Hubert-Pierre et Evelyne = 5
 2°) Les enfants de Jean Balestrieri (son beau-frère) : Roger (pilier incontestable), Pierre et René = 3
 3°) Ses enfants : Aimé Cuny (fils adoptif) - Gérard (votre serviteur)- Marie et Albert = 4. Au total 12 enfants ont subi l'autorité et ont bénéficié de son affection. Pour ce qui est de l'autorité, le regard oblique suffisait pour obtenir obéissance. Sinon, il se contentait de faire le geste d'utiliser la ceinture, sans plus. Il n'a jamais frappé quiconque d'entre nous.
                 Avant que l'auto-École n'existe, , beaucoup des jeunes précités ont appris à conduire leur véhicule avec lui. Mais ceux qui ont été les plus fidèles au quotidien, sans conteste, seront son neveu Roger Balestrieri et son fils Aimé. Il leur a inculqué des méthodes de travail qu'ils n'ont pas manqué d'apprécier.Il leur a laissé son empreinte. Bien qu'étant équitable dans tous domaines avec les enfants qu'il chérissait, il trouvait en ces deux inconditionnels de la terre, une suite logique de son engagement professionnel. Mais nous, à partir de ses dons multiples, nous avons reçu une parcelle de cet homme généreux à souhait. Où puisait-il cette richesse intarissable? Dans le don de soi qui rime avec Foi.. Ainsi tout ce qu'il réalisait c'était pour ses enfants. Les plus beaux agrumes, les plus beaux légumes c'était pour sa famille.
                    Bien que j'essaie de me montrer vaillant en travaillant encore bien après ma retraite de l'Education Nationale, je m'interroge tous les jours pour savoir comment Philippe a pu tenir comme horticulteur reconverti de 68 à 88 ans. Été comme hiver, il empruntait le car pour se rendre chez sa clientèle à Toulon, à Carquéranne, à Hyères, je l'ai suivi une journée. Octogénaire, il grimpait aux treilles, aux arbres pour les tailler. Tenir une pioche toute une journée et recommencer tous les matins, voilà un exemple qu'on se doit de mettre en évidence.C'est d'autant plus méritoire que passer du statut de propriétaire Philippevillois à celui de journalier Toulonnais est une preuve d'humilité qui l'honore. De plus, il ne s'est pas laissé gagner par la désespérance. A vrai dire, tout le temps qu'il était possesseur de biens algériens, ce fut rude à toute épreuve, surtout l'insécurité qui a marqué son enfance pour ne plus le quitter. Cette terre Métropolitaine qu'il a tant désirée en sortant du front 14-18, ses élans ralentis par son père chagriné, l'obligera à renoncer. Un deuxième élan freiné par son épouse en 1945 le résignera. Cette fois-ci, cette terre Française,  il l'a, il l'a eue, il l'a eue tardivement. Il retrouve une seconde jeunesse à un âge où les retraités s'inquiètent de leur sort. Souffrant d'une mauvaise circulation, il se déplace jambes bandées. Le corps humain est comme l'âne: "  Tous les matins, il faut se donner des coups de pieds au c..(trop pudique, il disait derrière) pour ne pas abdiquer". Seul un chauffard lui ôtera cet élan. Il avait 88 ans et 2 mois.
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Analyse du document photo (par son fils Gérard.). Une grande partie de sa vie est concentrée sur ce même cliché.
1°)- Le vin. Plaidoirie.-Une bouteille de vin à table n'a jamais manqué et ce à aucun repas. Viticulteur, il n'a pas consommé de vin cacheté. Peu confiant sur l'étiquetage, il préférait déguster d'abord. Sa méthode consistait à promener le bouquet de cette noble boisson sur la langue, le palais, dans la bouche en faisant vibrer ses joues pour l'aérer et recracher l'ensemble pour éviter d'avaler l'alcool à jeun. Il humait l'émanation éthylique, c'était suffisant. Il avait coutume de couper le vin à l'eau. Sacrilège! Ce breuvage le désaltérait. Nous avons déshabitué le consommateur en prétextant lutter contre l'alcoolisme, en contrepartie, aucune démarche officielle pour lutter contre les boissons sucrées qui, à table,  remplacent souvent notre boisson détrônée. Elles sont la cause d'obésité, de dépendance au sucre d'où une recrudescence de diabète. Plus flagrant et non moins répréhensible, la consommation de bières par les adolescents. Titrant, 3 à 6° au lieu de 12, on considère cette boisson semi-légale,du moins , on ne s'y attaque que timidement. Rendez-vous dans les grandes surfaces le samedi soir et observez. Quelque peu protégée, ce n'est pas demain que "l'ale battra de l'aile"! Grave erreur!.
                          Tandis que les caves de l'Hérault ou d'ailleurs demeurent saturées...Vers les années 70, on a demandé aux vignerons de produire moins pour privilégier les AOC. La plupart d'entre eux ont amélioré leur cépage. Si chacun de nous se remettait à boire son verre de vin, sans plus à chaque repas, le paysage des vignobles changerait. Gare aux restaurateurs qui vous font payer le verre aux trois-quarts remplis au prix d'une pleine bouteille sortie de la cave.Enfin, le biologiste Pasteur vantait le bon vin, mais ne préconisait pas d'en abuser au point d'avoir une cirrhose. De plus cette denrée, vieille depuis la nuit des temps procure à l'Etat des devises moins immorales que les milliards engrangés par plus de quinze jeux quotidiens ou hebdomadaires. On gratte, on raie, on paie, on espère, on vend du rêve avec toutes les conséquences morales qu'il peut engendrer. On conditionne l'enfant dès le plus jeune âge : aux innocents les mains pleines! Rêve pour rêve, pour ma part le choix est fait.
                 Il reste néanmoins à  exiger une maîtrise individuelle sur la consommation de toutes les boissons alcoolisées, si souffler dans un ballon n'identifie pas la nature d'alcool ingurgité, la publicité partiale cible bien le vin, et essentiellement le vin
               . Prendre le volant met en péril autrui. Qui ne le comprend pas? L'injustice réside dans le fait que seul le vin est désigné comme responsable de l'alcoolisme en France. Fils de viticulteur, solidaire de mes parents, de mes grands-parents et de mes aïeux, tous viticulteurs, aucun n'ayant été alcoolique, j'accepte mal que l'on tire à boulet rouge sur ce que la Bible a désigné comme "Cadeau du Ciel".
                Comportement encourageant. Le Français a quelque peu renoué avec ses racines viticultrices en prônant des apéritifs au rosé frais. Philippe a toujours exclu de consommer de l'alcool avant le repas. Par contre, les jours fastes, il aimait les terminer avec son nectar de muscat Made in Home. Rien ne l'a arrêté pour procéder à l'alchimie éthylique, pas même la privation de vignoble vers la fin de ses jours.
                       En effet, dans la cave à vélos, il fabriquait son élixir, en raclant tout le raisin muscat non vendu sur le marché du Cours Lafayette de Toulon. Sous les doigts du maestro, le résultat obtenu était tel que les repas ne pouvaient se terminer que dans la gaieté.


2°)- Les personnages. Il partage la table avec Madame Chabredier,(1918-2008) belle-mère de son dernier fils Albert,  elle est très sensible à l'exposé de papa sur cette boisson  : elle est issue d'une famille Gaveaux, Réunionnaise distillatrice pour la fabrication du Rhum. La complicité ne peut être qu'étroite....
3°)- Le décor: depuis 1930, la famille Di Costanzo ne s'est jamais séparée du piano familial. Ce n'était pas seulement un meuble muet planté dans le décor du séjour, mais une partie de nous-mêmes. Cet "Henri Hertz" a remonté le moral de Françoise ma maman dans les pires moments. Ensuite, il a servi à mon éveil musical. Le dimanche,  il a agrémenté le dessert. Philippe, cornettiste, séparé de son instrument depuis le décès de son frère Thomas, s'est mesuré aux 88 notes du clavier. Il se contentait de jouer des deux mains sur deux octaves, bien que calleuses, sa dextérité surprenait. Ses tonalités préférées étaient en Fa, en Do et en Sol. Il ne s'en écartait pas. Jeune gringalet je l'enviais. Situation suffisante pour éveiller en moi le désir de me surpasser pour le dépasser. Son répertoire : polkas, mazurkas, pas redoublés, valses Viennoises... Musicien rigoureux, lisant une partition linéaire comme on lit un livre..
             Les trois mariés sur le piano sont un réconfort pour le chef de famille. C'est l'aboutissement des sacrifices consentis durant deux rudes périodes marquées par les conflits locaux ou par la Guerre. Un mariage c'est aussi une forme de continuité dans la tradition qu'il a sauvegardée contre toute menace. C'est Philippe l'instigateur de la mémoire familiale. Consigne transmise à son neveu Roger Balestrieri (1922-2004) lequel a dispatché les rôles pour
exploitations diverses. On en mesure le retentissement qu'à l'aide d'une rétrospective. En effet, Roger œuvra plus de 20 ans pour élaborer notre généalogie, Albert travailla ardemment pour saisir les multiples classeurs sur ordinateur, Philippe (Balestrieri) pour la divulgation sur Internet. ¨Pour ma part, je lui dois d'avoir été désigné pour écrire la mémoire familiale, mémoire fugitive si  personne ne s'engage à écrire. Mon blog aurait-il existé sans cet enchaînement de travaux sur la mémoire? 
          







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