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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1965 - Photos de familles à Hyères- réminiscences gustatives=

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Au cours des années Sixties, nous recherchions toutes les occasions pour nous rencontrer comme si nous étions sur notre sol natal d'Algérie. Bien que dispersés aux quatre coins de France, nous possédions toujours le même élan les uns vers les autres. Puis, le quotidien prenant le pas sur cet usage, les rencontres se feront sporadiquement. Quand on possède un cliché pareil, l'heure est au bilan. Dans peu de temps chacun de nous verra la famille s'agrandir. La disponibilité n'est plus la même. Il reste les souvenirs.
Localisation : nous sommes au "Centuron" au bord de la mer Hyéroise.
Au menu : une bouillabaisse avec rascasse comme chez "Marie Paquarome" de Philippeville (lire plus loin son portrait).Le poisson pêché par un particulier, fournisseur du restaurant,  nous fait oublier, plutôt,  nous fait penser à Stora. Nous apprenons que dans peu de temps cette pêche sera interdite. Histoire de gros sous, une fois de plus....Car pêcher par unité, comme les peuples ancestraux l'ont pratiqué et racler les fonds par stérilisation progressive comme opèrent les énormes "dragueurs" d'êtres vivants, il n'existe aucune commune mesure.

Les membres de la famille. de g.à dr (sens des aiguilles d'une montre) :Balestrieri Roger (+2003), Di Costanzo Albert et sa fiancée Chabredier Micheline, Di Costanzo Marie, Cuny Aimé et son épouse Jocelyne née Barket, Di Costanzo Gérard et son épouse cachée  Danielle née David. A noter que les enfants de Philippe Di Costanzo sont ici au complet. Aimé (1931-), Gérard (1935-), Marie  (1938-1997) et Albert (1941-).

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de g.à dr. Roger et Henri Balestrieri,  Micheline Chabredier, Marie Di Costanzo Aimé et Jocelyne Cuny, Danielle Di Costanzo épouse de Gérard.
                   Ces sorties le soir, à la fraîcheur sur la côte Méditerranéenne nous réconciliaient avec le passé. Ce passé où le paysage à l'identique de l'autre côté de la Bleue était à notre portée au quotidien. Mais, lors de notre jeunesse, ayant fait partie du décor sans que nous en saisissions toutes les richesses, la rupture met en relief le temps passé, cette atmosphère Hyéroise, enrichie d'une bouillabaisse en famille ne fait qu'ajouter au plaisir des retrouvailles.

Réquisitoire sur la pêche artisanale contre la pêche industrielle..Une rétrospective s'impose. A Philippeville (Rusicade ou Skikda), le golfe de Stora très poissonneux attirait les convoitises des Européens bien avant l'occupation Française. Une chronique de 1825 relate la présence de pêcheurs Italiens dans ces eaux pléthoriques en poissons de toutes sortes : sardines, mérou, daurade, merlan, rascasse, seiche, poissons bleus, poissons blancs...Je rappelle que ces intrus Latins,  hors de leurs eaux territoriales régularisaient leur prestation auprès du sultan Ottoman, région de Constantine. Relevons que la population autochtone ne cherchait pas à se nourrir de la mer, comme aujourd'hui pour le Français plus carnivore, il vend ses récoltes marines aux Espagnols. Pour preuve, rendez-vous aux frontières Basques pour remarquer que le transfert de la marchandise s'effectue dans un sens mais pas dans l'autre.
                    En Algérie, les produits marins commencent par être exploités, c'est du moins ce que l'actualité récente fait ressortir. Par contre, l'occupation Européenne (1830-1962) a exploité dès les premières heures les ressources Méditerranéennes. Cette population était implantée schématiquement de la manière suivante : à l'Est, domination Italienne, au Centre, domination Française et à l'Ouest celle Espagnole.  Ce qui correspond à un vis-à-vis géographique fidèle d'une côte à l'autre. En me focalisant sur un secteur qui me concerne, je retrouve l'inévitable  Stora (surnommé par nous, capitale Sardine) et ses moeurs Schaïoules ( Ischia, île face à Naples, racines de la famille). En ce lieu storasien, la manne ne tombait pas du ciel, mais elle  émergeait des  fonds marins.
                        De mon balcon, tandis que je me levais tôt, en période de vendanges comme aujourd'hui, dans l'obscurité, sur l'eau à peine visible, je voyais des "loupiotes" immobiles près de la côte ou bien des chalutiers qui rentraient pour alimenter le marché de Philippeville. Dans ce trafic côtier, parmi tous les pêcheurs dont la vocation ne fait aucun doute, un professionnel de la pêche à la ligne a marqué mon enfance. Il s'agit de Monsieur Picone.Ce personnage très représentatif, je l'ai choisi ici pour argumenter mon réquisitoire.
                  L'irremplaçable pêche artisanale.Ce pêcheur providentiel fournissait régulièrement les daurades à ma maman. Celle-ci, "maîtresse" queux, exerçait tout son talent pour nous préparer ce poisson encore frétillant. Tentés par la fraîcheur, nous l'aurions mangé cru. Tandis que le four chauffait, dans son plat large, les tripes ôtées, la maîtresse de maison m'envoyait cueillir des citrons frais dans le jardin, des herbes aromatiques du jardin, dis-je, de l'Eden, du vin blanc de la propriété, une chapelure pour terminer et hop! A la cuisson! C'est alors que le fumet envahissait l'appartement, que  l'éveil olfactif rendait insupportable notre appétit pantagruélique. Rude épreuve d'attente. Mais quel délice!
                       Plus alléchante la seiche, la véritable et non le calamar ( au sens péjoratif, jeunes nous traitions de calamar quelqu'un de niais...) arrivait sur notre table d'une façon impromptue. Très dévote comme sa maman Philomène,  Françoise, ma maman, recevait le prédicateur du Carême, l'abbé Fourré venu droit d'Orléans à Philippeville (photo ci-dessous). Or chaque année, coïncidence, l'homme en soutane, n'avait pas encore foulé le sol algérien que le providentiel Picone frappe à la porte en apportant des seiches toutes fraîches. Le religieux devait sentir ce délicieux mets à quelque encablure.Qui sentait venir l'autre? Énigme. Et maman confortée par ce petit évènement venant à la fois du ciel et de la mer, va se surpasser en préparant une farce des plus succulentes, à côté des spaghettis avec râpé de Sardaigne, le tout arrosé au vin du terroir, celui du Beni-Melek...
                         L'heure venue, à la chaire, déjà doué d'une éloquence légendaire, l'abbé Fourré après s'être "fourré" de mollusques "fourrés" de farce,le tout cousu main, par la magie de la parole, langue déliée, transcendait les âmes les plus réticentes grâce aux seiches de Picone et au cordon bleu de Françoise. Repu, il aurait été imprudent qu'il entamât le thème sur l'abstinence. Son érudition en théologie traitait de sujets  moins terre-à-terre.


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L'arrivée sur le quai de Philippeville, de l'abbé Fourré dépendant du diocèse d'Orléans. Il voyageait sur un rafiot qui ne ressemblait en rien au "Normandie". Les seiches et le personnage, devenus indissociables, ont marqué mes souvenirs d'enfance.

                    Où sont les seiches d'antan? Qu'a-t-on fait de ces humbles pêcheurs fiers d'être appréciés? Le gros, toujours le gros qui phagocyte le petit. Il est arrivé à faire voter des lois pour éliminer ses concurrents. Il continue à interdire la pêche à la sauvette puisque sur le Port de St-Jean-de-Luz, un pêcheur anonyme du même acabit que Mr Picone, m'a récemment vendu du poisson en catimini. Cette vente est interdite. Voyons! Où va-t-on? Certes, pas de règlementation nuit, mais trop détruit.
                  Qui est à l'origine de la destruction de la Faune? N'est-ce pas l'utilisation des sonars,  l'exploitation industrielle à tout va, l'emploi de bateaux de plus en plus puissants gourmands en gas oil de plus en plus cher, et tout...et tout...? Le résultat est éloquent : le poisson  se vend aussi cher que celui de Monsieur Picone. Bravo! Pire il traîne quinze jours dans les cales au frais avant de poursuivre sa carrière de dégradations et puer sur les étals au point que j'en suis arrivé à le détester.Bravo! On voudrait en faire autant avec le foie gras du Sud-Ouest. Les normes Européennes? Règles d'hygiène? Les statistiques démontrent le contraire. N'est-ce pas dans les grandes chaînes alimentaires aseptisés de pied en cap, comme dans un bloc opératoire que la moindre négligence peut provoquer des intoxications à la chaîne, non pas sur une famille mais sur une région. Quel prétexte allons-nous trouver pour nous priver de ce qu'il y a de meilleur : la fraîcheur? L'authentique saveur que  l'on veut  escamoter..
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En souvenir d'une délicieuse Bouillabaisse comme là-bas, dis!...


Observation sur les plats collectifs. J'ai souvent relevé au cours de mes observations une aberration concernant les plats collectifs. J'en rappelle ici la liste non exhaustive : bouillabaisse, paella, spaghetti, pot au feu, choucroute, couscous...A l'origine, ils étaient le plat des pauvres. Les pauvres paradoxalement étaient des familles nombreuses, il fallait les nourrir. Il ne s'agissait pas de menu à la carte. La plupart étaient peu coûteux. Aujourd'hui, leur vocation commerciale est tout autre. N'est-ce pas bizarre?

CONCLUSION.- En son temps l'industrialisation a permis de servir les riches comme les pauvres, de libérer les ménagères de leurs rudes tâches; vus les méfaits que le progrès  engendre sur la qualité de l'Environnement, il arrivera un jour où il deviendra trop nuisible et moins utile parce que trop onéreux. Son principe de rentabilité exige un renouvellement constant de notre équipement -ménager, mécanique, bureautique, media...- les déchetteries augmentent leur capacité, le cycle infernal ressemble à une bourrasque qui emporte toutes les constructions frêles, je veux parler des petites entreprises, des petits commerçants...un juste retour à l'équilibre des forces semblent ressurgir. Il se manifeste par un retour au bon goût de la nourriture, du travail bien fait,  du contact humain...Je souhaiterai que les "Picone" se multiplient çà et là. La bouillabaisse Hyéroise m'a laissé un goût de "revenez-y".
 

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