Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...
(cliquez pour le plein écran)
Dernier mariage chez les Di Costanzo de la 2° génération, celle installée à Philippeville. En effet, Antoine père de Jean-Baptiste (1851-1930) et grand-père de la mariée avait fondé sa famille à Ischia.
Thérèse Di Costanzo (1906-1996) est la dernière du tandem Jean-Baptiste Di Costanzo - Marie Anne. Elle épouse le 26 avril 1924 un homonyme Jean-Baptiste Di Costanzo. Il n'est pas de la même lignée, du moins parmi les proches. Cette union comptera 8 enfants ( 3 filles et 5 garçons) le père et la mère de cette dernière en comptaient 7 ( 3 garçons et 4 filles), sans un décès prématuré, ils se seraient trouvés à égalité.
Le milieu est agricole des deux côtés. Les terres d'origine lointaines sont Ischia et plus proches celles de leur naissance, se situent à l'Oued Louach aux portes de Philippeville, où les Di Costanzo ont prospéré pendant près de 4 générations.
Coutume admise par les membres de la famille. Selon Philippe, mon père et frère de Thérèse, il était d'usage que chacun des enfants attende que son prédécesseur par l'âge se marie, avant de prétendre à son tour à l'union sacrée. Parfois, on dérogeait à la règle si un contexte contraignant imposait un autre choix.
Ordre des naissances Ordre des mariages
Brigitte 1885 1904
Philomène 1889 1913
Thomas 1892 1919
Philippe 1894 1923*
Pierre 1897 1922
Marie 1900 1920*
Thérèse 1906 1924
Les dates avec astérisque mettent en évidence les deux dérogations. La cause tardive à prendre en considération pour Philippe (marié à 29 ans) et Thomas (marié à 27 ans) est liée aux 4 ans et demi imposés par la 1re Guerre Mondiale. En outre, j'ai toujours entendu Philippe avouer d'avoir cédé son tour à un frère et une sœur. Pourquoi ce protocole? Parce qu'un mariage devait être somptueux. Souvent on se trouvait avec des familles nombreuses qui faisaient partie des invités. Il fallait faire face aux dépenses et prévoir un budget en conséquence. Seule Brigitte devra se contenter d'une noce plus modeste. La famille sort tout juste du phylloxéra. Les recettes vinicoles reprennent timidement. Quand elle se marie, sa dernière sœur Thérèse n'est pas encore née. Cette dernière fait donc partie d'une autre génération, d'un autre niveau de vie. Elle verra le jour dans une maison plus spacieuse. Finie la promiscuité!
(cliquez pour le plein écran)
La toute dernière de la famille, jeune fille. (Photo Roméi : Philippeville). Nous nous sommes familiarisés avec ce décor maintes fois utilisé dans ce "studio d'art" pour fixer nos souvenirs si attachants. Lorsque le temps s'est figé, le document prend une valeur sentimentale des plus intenses.
Ce mariage fastueux était à la mesure du moment. D'abord les 3 garçons sont rentrés vivants de la guerre. Or, il était bien rare qu'une famille ne soit pas endeuillée par la perte d'un membre tué au front à la fleur de l'âge. De plus, Pédéneste, le patriarche et père de Thérèse savourait la réalisation financière indéniable. Malgré les charges d'une famille nombreuse, il était à la tête de 3 propriétés destinées aux garçons (les filles devant être indemnisées comme cela se pratiquait depuis des lustres). C'était du moins ce à quoi le chef de famille avait pensé....A son grand désespoir, il en sera tout autrement!!!
Enfin, Thérèse, selon les propos de ma maman, étant la dernière, étant celle qui est née dans l'opulence par rapport à ses aînés, bénéficiera de toutes les gâteries d'enfant. C'était la
dernière, comme on avait coutume de dire, avec une faiblesse pour plus de concession face aux caprices d'enfant. Sa maman Marie Anne l'a eue à l'âge de 44 ans. Déjà se dessine un penchant de grand-mère....A 13h., chaque jour, au retour de son stand du marché de détail, la maman revenait avec un éclair au chocolat. Thérèse l'attendait aux Portes des Aurès. Nous sommes loin du standing des aînés.
.
(cliquez pour le plein écran)
Admirable et irremplaçable calèche. Un luxe que beaucoup de mariés voudraient bien se payer aujourd'hui. Photo déjà éditée (v. plus loin; mariage des années 25). Le cocher, Youssef est sur le "31". Les familles aussi. C'était l'époque où l'église était un pôle d'attraction.
(cliquez pour le plein écran)
Derrière le couple et les parents de la mariée, on distingue Pierre et Thomas, frères de Thérèse. "Just Married" eux-aussi. Ils sont avec leur épouse Françoise Migliaccio et Ursule Portelli.
(En attendant de pouvoir scanner l'originale plutôt que re-photographiée)Je suis heureux de vous présenter le cliché sur lequel le nom Di Costanzo est nettement majoritaire. A dr.de la mariée, ses parents. Son père pose fièrement pour la postérité. On n'aura pas beaucoup de portraits de lui. Aussi dès son décès, on demandera au photographe Roméi d'extraire le buste du patriarche. Dans un grand cadre, il trônera longtemps dans ma famille. Je l'ai toujours confondu avec Ch. Gounod, notre compositeur.
.
Portrait élaboré par le photographe Roméi. Il a été extrait de la photo de groupe(ci-dessus) sitôt le décès du personnage. L'entourage s'était aperçu que l'on possédait peu de photos de lui. On remarquera qu'il porte le nœud pap lors de cette grande occasion.
Portrait du père de la mariée .- De taille relativement petite, comme cela était courant. Souvent, ce genre d'homme trouve compensation par l'imposante personnalité. Faute d'être un homme grand, on va œuvrer pour devenir un grand homme. Personnage aux mille vertus. Travailleur. Non coureur. Attaché à la famille. Intelligent. Illettré. On peut être lettré et ...KHON... se le dise. Cette catégorie d'énergumène n'est pas prête à l'extinction. C'était loin d'être son cas. Il parvenait à transmettre à ses enfants une philosophie utile, pratique, indispensable, en les imprégnant d'adages, d'exemples divers. Son surnom de Pédéneste lui vient du jour où il se dispense de la présence d'un avocat, et brille lors d'une remarquable plaidoirie, laissant médusés les magistrats. Il va obtenir gain de cause : un différend avec son voisin sur la mitoyenneté empoisonnait le quotidien.
Fier. Un peu macho, comme tout latin qui se respecte. Chez lui, défaut excusable à la suite des épreuves qu'il a subies au cours de son adolescence avec sa "marâtre". Le climat qui régnait au sein de la famille recomposée, dis-je, décomposée, sera la cause principale de son départ pour Philippeville.... N'acceptant à aucun moment l'humiliation. Cette vanité transformée en opiniâtreté dans la réussite professionnelle est toute à son honneur. A 19 ans, partir avec une seule chemise sur le dos, débuter ouvrier journalier, puis locataire et enfin propriétaire opulent, voilà de quoi graver un nom sur la stèle familiale.
Sa crise d'urée le rendra coléreux. L'éclatement de la cellule familiale et la désagrégation des biens durement acquis vont le miner. Cette noce sera la dernière en date mais aussi la dernière avant l'hécatombe de malheurs qui vont s'abattre sur la famille surtout le décès de Pierre (1897-1927). Perdre un fils de 30 ans fera de Jean-Baptiste un homme résigné. Désabusé, il mourra en 1930. Les jours de fêtes sont bien loin derrière...