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Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...

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1982 (10 nov) - 1914 (11 nov)- Double Anniversaire=

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                Lorsque bambin je rendais visite à Philomène,  ma grand-mère maternelle, en séjour chez son fils Jean au Beni-Melek, je passais devant cette maison qui avait été éventrée +25 ans avant. Plus aucune blessure apparente, sinon des traces de pansement. Souvenir venu de mes parents qui m'ont sensibilisé à l'évènement. Ce qui a valeur de stèle.

                        HONNEUR A NOS POILUS.

                 
                      Observation de la photo. Avant même la déclaration de guerre, Philippeville est bombardée. Elle reçoit le premier coup de canon le 2 août 1914 (et non le 4). Le cuirassé Goeben et le Breslau, ce dernier de tonnage moindre, lancent leurs obus sur Bône et Philippeville. L'impact sur la photo doit être considéré comme le starter de la 1ère Guerre Mondiale. Tout un symbole! Je vous rappelle que quelque 30 ans avant, tandis qu'un Commissaire Français venait parlementer avec le Sultan du Maroc, un croiseur Allemand mouillait au large des côtes Marocaines. Je vous rappelle aussi, qu'en 1838, la France voulait procéder à une percée de terre au Golfe de Gabès en Tunisie (v. plus loin). L'Allemagne s'était opposée. No comment!
                      Aussi, faut-il apprécier l'entente cordiale qui existe entre les deux pays depuis qu'au sortir d'une fournaise plus atroce encore, De Gaulle et Adenauer ont scellé l'union des deux Nations....à la Cathédrale de Reims.
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                      Introduction.- Lorsque j'étais gamin, j'entendais souvent dire que seule une guerre pouvait débloquer une situation financière dans l'impasse. Ce concept révoltant, par intoxication du peuple était arrivé à se faire admettre comme l'unique remède. Maman me racontait qu'avant la 2de Guerre Mondiale, la marchandise en abondance restait sur les étalages, sans que le consommateur puisse accéder. De plus, on serait tenté de s'inspirer du progrès technique accéléré qu'engendra la période 14-18. Heureusement, cette accélération s'est révélée constante et indépendante des conflits meurtriers.
                        En période de récession, comme en ce moment, j'espère que les remèdes se trouveront ailleurs que sur le champ de bataille. L'expérience récente des Etats-Unis démontre qu'une guerre est ruineuse. En Afrique, les guerres intestines de certains pays retardent l'accès aux richesses. Bien qu'étant toujours une cause économique, la guerre entre pays industrialisés change de front. Elle se situe sur les marchés financiers. Sournoise mais implacable, elle exige de fins stratèges pour échapper au pire. Dans sa première phase, elle a ceci de bon : elle évite les effusions de sang. Et c'est tant mieux. Mais à terme! Que nous réserve-t-elle? Il est donc impératif de se remémorer les deux périodes meurtrières du siècle passé. "Tout! Tout! Tout! Mais pas ça! Chantions-nous en swinguant.
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                     Autre Anniversaire.-Afin d'éviter une redite, déroulez le blog et reportez-vous le même jour en 2007. Un long reportage sur les poilus et l'Armistice du 11 novembre 1918. A un jour près, le 10 novembre Philippe Di Costanzo, mon père, était victime d'un chauffard : c'était un 1982. J'avais à peine entrouvert son carnet de route. Aujourd'hui, j'ai décidé de vous le livrer in extenso.           ------------------------------------------------------
                          CARNET DE ROUTE D'UN POILU.
           
(Paradoxalement, Philippe, très aguerri, homme de la campagne, cavalier émérite va  rentrer dans l'armée marqué par des faiblesses inattendues : fièvres infantiles, chute de cheval (un comble), arthrite....Venant de sa part, et pour qui l'a connu, il faisait fi de la douleur et des maladies. Plus tard, sa vigueur d'octogénaire rendra les médecins envieux. Comme preuve, je vous signale qu'à 88 ans, il faisait ses 8 heures quotidiennes de travaux d'horticulteur, on l'a tué non pas au front mais sur un passage pour piéton à Toulon).
                                          Année 1914.
16 septembre : départ du port de Philippeville
18 septembre : arrivé à 16h. à Sfax (Tunisie) au 4ème Régiment de Spahis.
18-26 sept.     : commencement des classes.
26-30 sept.     : infirmerie ( coqueluche).
30-1er oct.      : sortie de l'infirmerie, suite des classes.
1er-11 oct.      : retour infirmerie ( dysenterie). Eau saumâtre, Eau insalubre.
11- 13 oct       : suite des classes.
13-15 oct        : infirmerie (arthrite du genou gauche) à la suite d'une chute de cheval.
15 octobre      : entré à l'hôpital militaire de Sfax pour l'opération du genou gauche.
                                   
( En terme militaire, voici un trimestre bizarrement escamoté qui mettra Philippe à l'abri des feux nourris des premières lignes. En cette période des classes, c'était fréquent que l'adaptation soit laborieuse. Son frère aîné Thomas, promo la plus exposée, sitôt son service terminé en juin, sera rappelé un mois après. Il fera partie de la première fournée à se faire déquiller. Il sera sérieusement blessé et fait prisonnier). C'est la période de massacre que nous ne devons jamais oublier.
                            
                                            Année 1915.

13 janv- 24 fév: dès la sortie de l'hôpital le 13. Peloton des anciens réservistes.
24 février        : rentré à la "popote" des sous-officiers.Jusqu'au 21 août.
21 août           : service au peloton. Jusqu'au 1er octobre.
1er octobre    : départ pour le Sud Tunisien.Embarquement à Sfax à 18h.
2 octobre       : débarquement à Graïba. (entendez Philippe et son cheval)
2-4 octobre   :  Etape à l'oued Ackarit (l'Achichina)
4-5 octobre  :  Etape à Gabès
5-6 octobre :   Etape à Katalah
6-7 octobre :  Etape à Mareth
7-8 octobre :  Etape à Medenine
8 octobre   :   Séjour à Medenine jusqu'au 23 février 1916.
                      Le Sud Tunisien sera lourd de conséquence pour la santé de Philippe. En Métropole comme en Tunisie, chaque étape est nécessaire pour le cheval.
                   
                                            Année 1916.

23-24 fév. : Retour à Mareth
24-26 fév. : Etape à Gabès
26-27 fév. :    "     Oued Ackarit
27-29 fév.:     "     L' Achichina
29 fév-1er mars :  Maharès
1er-2 mars : de Maharès vers Sfax.
5 mars : départ pour gare de Sfax à 5 h. du matin pour Tunis.
5-6 mars : étape à Tunis.
6 mars (midi) : Embarqué à Tunis sur le "Duc de Bragance" à 10 h. du matin. Midi, appareillage.
8 mars : à 11 h. du matin arrivée Marseille.
8-9 mars : Séjour à Marseille
9 mars    : embarqué gare de Marseille à 18 h. parti le soir.
10 mars  : arrivé à Tarascon à 5 h. du matin.
10-7juin : fixé à Tarascon (Bouches-du-Rhône)
7-8 juin    : Parti en permission agricole sur Philippeville (15 jours + 10 jours de prolongation). Embarqué  ce 8 à 13 h. sur le "Tafna".
10 juin    : arrivé Philippeville à 6 h. du matin. (soit 42 h. au lieu de 23 h. quelques années après)
10 juin-10 juillet : permission agricole à Philippeville
10 juillet : reparti de permission, embarqué sur le "Tafna" à 16 h. Appareillé à 18 h.
12 juillet  : débarqué à midi à Marseille. 17 h. départ pour Tarascon. Arrivée 19 h..
12 juill-8 août:  stationné à Tarascon. (deuxième Base Arrière après Sfax en attente pour le départ au front).


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Observation du cliché :  Défilé du 14 juillet 1916 à Tarascon (B-du-R).
Philippe Di Costanzo est au dernier rang et premier à g. Il tient l'instrument sans jouer. Il était premier piston, ici il est premier clairon. Il attend d'intervenir pour  le fragment transitoire. La clique fait partie de son régiment de Spahis. Au premier rang, les indigènes coiffés de sheiche jouent à leur manière. Ordinairement, c'est la raïta. Papa, papa me racontait qu'il fallait s'adapter à ce registre typique. Les comas donnent l'impression de jouer faux, pourtant la musique est colorée. On voit bien que ce qui est proscrit pour l'un est toléré pour l'autre. En effet, au premier rang les joues sont gonflées. C'est la technique acquise pour jouer en continu, sans silences. Plus tard, cette façon de souffler sera adoptée par  Dizzy Gillespy,  trompettiste virtuose.
                 Notons que Philippe revient d'une longue permission, au sein de sa famille quittée voilà près de deux ans sans les voir, au cours de ce mois d'été, les travaux à la ferme n'ont pas manqué. Il a rejoint son régiment à Tarascon deux jours avant le 14 juillet. De là, il va "monter au front". C'est dans cette ville méridionale qu'il prendra goût à la Métropole. Il était décidé de tout abandonner en Algérie, en vain, il allait contre le gré de son père Jean-Baptiste, fier de ses biens terriens acquis péniblement. ==============================================
 
8-10 août : Départ de Tarascon pour le front le 8 à 4 h. du matin,  arrivé à Colombey-les-Belles le 10 août à 21h.30
10-15 août : Colombey-les-Belles.
15 août : embarqué à Ravisé-la-bôte et débarqué le 16 dans la Somme
16-17 août : Chassoy (Somme)
17-18 août : Reniancourt (Somme)
18 août-16 novembre: Lamotte-en-Sauterre (Somme)
16-17 novembre : 1ère étape : Dornau s/ Lanus (Somme)
17-18 novembre : Rogy (Somme)
18-19 novembre : Quimquenpoix (Oise)
19-20 novembre : Valescourt (Oise)
20-21 novembre : Cauffry par Rantigny (Oise)
21-24 novembre : Boret (Oise)
24-25 novembre
: Augé-St-Vincent (Oise)
25 nov-1°déc.     : Ivors (Oise)
1er- 31 déc.       : Haramont (Aisne) (photo ci-dessous)Photobucket(cliquez pour le plein écran)
                Haramont sous la neige de décembre. Philippe est bien loin du climat Méditerranéen de Philippeville. L'épreuve de la rudesse climatique ne sera pas négligeable pour tout poilu de tous poils.
31déc (1916)-18 mars (1917) : Bonneuil (Oise)
                   
                                        Année 1917.
18 mars : départ de Bonneuil à la poursuite des Boches
                                         "L'heure n'a pas sonné."
          Philippe me raconte sur enregistrement de cassette l'évènement suivant. "m'aurait tué sur le coup." Mektoub.
Nous avons fait halte pour nous restaurer. Nous étions dans un endroit habité. Assis sur un banc, l'idée me vint de changer de place et d'aller sur le banc d'en face. Sitôt installé pour plus de confort, un éclat d'obus a fauché l'emplacement délaissé. L'éclat était d'un tel calibre qu'il m'aurait tué sur le coup". Mektoub.
                            Je rappelle que Philippe est cavalier/spahi. Les déplacements sont morcelés. Il doit tenir compte de la monture. Chaque soir, le cheval doit se reposer pour repartir le lendemain, d'où les multiples traversées de lieux.
18-19 mars : Hors (Aisne)
19-20 mars : Tartier (Aisne)
20-23 mars : Fontenoy (Aisne) : bivouac
23-25 mars : Ravin-de-Biennoy (?)
25 mars      : parti pour Philippeville. Permission de 15 jours plus 10 jours de prolongation. A Viet/Aisne. Pris le train à 8 h.et demie.
27 mars     : arrivé à Marseille à minuit.
27-31 mars : attente à Marseille.
31 mars      : (16h) embarquement sur le "Manouba" et parti à 17h pour Alger.
3 avril        : (7h) débarquement à Alger. (20h30) parti pour Philippeville.
5 avril        : arrivé à Philippeville avec 0 franc 10, 2 sous en poche...
5 avril-5 mai : permission à Philippeville.

(à suivre)
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                         Leçons à tirer de cette guerre meurtrière.

 1°)- Philippe le Spahi. Nous sommes loin de l'époque chevaleresque,  du désastre d'Azincourt,(1415) et pourtant!... Être chevalier était un titre de haute dignité que l'on devait mériter. Philippe armé de sabre sur son cheval a été affublé du simple titre de  cavalier. Anachronisme, si l'on tient compte des armes redoutables qui ont été conçues par le génie du mal au cours de cette guerre : implication des Taxis de la Marne, de l'aviation et des chars pour la première fois, de l'artillerie lourde comme le canon avec un fut de 36 m....la logistique va changer.
  2°)- Quand l'utopie assassine.-Plus sévères devons-nous être quant à l'inconscience des responsables de l'époque. Je laisse à chacun le soin de les distinguer. Si certains hommes se sont engagés dignement pour défendre la Paix, face à l'avidité de l'agresseur, peu de moyens défensifs furent déployés. Irresponsabilité politique. Irresponsabilité stratégique : l'Allemagne s'armait d'une façon sophistiquée tandis que l'utopie naïve du Français allait mener au charnier des milliers d'hommes arrachés à leur famille, sottement exposés à une redoutable armée. "A Berlin! A Berlin! On les aura. Dans trois mois vous serez à nouveau chez vous!" ( sic, Philippe, mon père). Ce sont des slogans qui accompagnaient nos troupes dans les gares effervescentes. Nous connaissons la suite. Comme le Chef de l'Etat, ces jours-ci, a voulu commémorer les 600 fusillés pour traitrise, on se demande en réhabilitant toutes les mémoires, chefs confondus, si certains de nos illustres figures qui s'immortalisent dans nos livres d'histoire ne devraient pas rendre des comptes au pays. En tous cas, on peut constater que la III° et la IV° Républiques ont montré leur incompétence en matière de Défense, du moins au début des conflits. C'est une des raisons qui devait interdire toute récidive que De Gaulle créera, la "force dissuasive" du Général Ailleret. A ce sujet, le premier président de la V° République, dans sa jeunesse, alors capitaine avait élaboré une stratégie nouvelle basée sur le mouvement en supprimant la cavalerie légère remplacée par des chars. Une fois de plus, la France se trouvera écrasée face à l'invincible armée d'Hitler. Et le pire des maux : dès qu'un Chef d'Etat prend le pays avec énergie, aussitôt on fait naître le spectre du Pouvoir Personnel et pourquoi pas celui de despote. On s'accommoderait plus facilement à la mollesse des chefs qu'à leur fermeté. Immanquablement, le citoyen ainsi moulé aurait tendance à ne pas tirer les leçons de son passé.
3°)- L'armée de métier. a)- Une nécessité imposée par l'utilisation des armes modernes qui, un jour, va  exiger le niveau d'ingénieur. Une protection pour ne confier ces armes sophistiquées qu'à des combattants triés sur le tas.
                                      Imposée par le contexte, l'armée de métier, n'est-ce point un retour inconscient à la distinction de chevalier? N'étaient désignés comme tel que ceux qui le méritaient...
                                   b)- un regret : la jeunesse ne connaît plus de transition entre l'adolescence et la vie active. Bien que réfractaire à la discipline militaire, surtout à mon époque, je reconnais que l'uniforme m'a mûri. On apprend à devenir combatif. De plus, contrairement à la légende qui veut que l'armée se complaise dans l'absurdité , la soumission...on ne tardera pas à découvrir que dans la vie civile on retrouve les mêmes carences. Ainsi, en peu de temps, le citoyen pouvait découvrir ce que la vie lui réservait. C'est "kif kif "!
                             c)- une aptitude : n'est pas militaire qui  n'a pas l'esprit militaire. Une fois de plus, je reconnais ne pas avoir cette disposition. En conséquence, il est préférable de recruter des gens aptes.Car la pire des situations est de disposer d'éléments contestataires. "La discipline faisant la force principale des armées, il importe...". Par contre, gare aux excès du bizutage allègrement pratiqués par des gradés lors de mes classes. Sans raison, j'ai découvert à Télergma, lors de mes classes que l'on pouvait recevoir autant de coups de pied au cul au seul plaisir  jouissif d'un gradé. Je puis témoigner. Ce qui dévoile un vice : sous l'uniforme gare à l'abus de pouvoir. Alors là, ça ne concerne plus seulement l'armée. C'est le pouvoir sous toutes ses formes dont il s'agit....J'ai découvert par la suite dans la vie quotidienne que les coups n'étaient plus les mêmes, pis ils visaient la  destruction de la personnalité, c'était dans le civil, cette fois. École de la vie. Vulnérabilité de la jeunesse actuelle.








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