Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...




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Biographie sommaire.- Fils unique. Mère imposante et très présente. De quoi renforcer la personnalité de son fils Bernard. Homme en apparence très autoritaire, mais foncièrement très généreux. Jeune, il possédait une beauté séduisante. Il en usait, il en usera longtemps après. Même à un âge de retraité il aimait en user auprès de tous .
Zone d'évolution du couple : le Jura, le Doubs... ( Boussières, Mouchard... Port-Lesney, Besançon). Au début, cursus habituel : Ecole Normale d'Instituteurs. Affectation dans des écoles de campagne. Trop jeune pour être concerné par la 1ère Guerre Mondiale mais suffisamment mature pour la 2nde, il sera Capitaine de Réserve, après avoir acquis le grade de Lieutenant. Fait prisonnier par les Allemands( n°2), il exploite l'oisiveté de tout captif pour approfondir ses notions de mathématiques appliquées. Son objectif? Devenir Professeur de Technologie. Il connaît Germaine David, institutrice comme lui. Au cours de la période 1935-45, même en bénéficiant d'un logement de fonction, le double salaire suffit à peine.(j'ai relevé qu'à la même période, la fille Marrou, institutrice à Bessombourg près de Philippeville, en 1945, ne touchait que 50 frs mensuellement) Bernard s'impliquera dans les Colonies de Vacances, dans les corrections de copies d'enseignement à distance....Au sortir des camps de rétention, il demande une disponibilité pour parfaire ses études. Son beau-frère le Docteur David Roger (1) l'accueille à Argenteuil. Nommé professeur à l'école d'horlogerie, sa personnalité laissera des traces. D'autant qu'il fait tout pour en laisser là où il passe. "Il marque son territoire". Bref, c'est un être en quête d'affection. Passionné de pêche (v.plus loin).
Lui et l'évasion.- Comme son épouse, il aime voyager. A deux, ils ne tiennent pas en place. Peu avant le déclin de santé, ils auront fait ensemble le Kenia. Dès la retraite, elle va exploiter ses multiples reportages, formats 8mm ou super 8. Aujourd'hui, elle serait comblée avec l'exploitation plus aisée qu'offre le numérique. Sitôt le départ programmé, rien n'arrête Bernard. Comme un bull, il n'a plus qu'une idée en tête : partir! Il vous cloue sur place!
Lui et sa nièce.-Ayant eu deux garçons, il trouvait auprès de mon épouse Danielle, sa nièce, la fille qui lui manquait. Très attentif à notre confort lors des débuts de carrière, il débordera de générosité et d'attention pour nous remonter le moral tandis que la famille était bien loin. En 1967, lors d'une visite à son domicile de Besançon, il nous fit plaisir en faisant visiter la région ( la Suisse, le Saut du Doubs, le Mont Brévent...) . Inoubliables souvenirs! Dès la retraite, en 1969, il se retirera dans le Var, à Toulon. Son séjour sera relativement éphémère : cinq ans après, il sera emporté par la terrible maladie. Homme remarquable par sa robustesse, capable de remuer seul un arbre adulte, il décèdera en Décembre 1974. Séquelles de la captivité? Peut-être. Comme officier, il bénéficiait d'un régime de faveur. Mais cette situation laisse des traces...A travers ces péripéties, il conservera toujours cette bonté.
Lui et le militantisme.-Lorsqu'il portait ses lunettes, il redevenait cet Instituteur de la III° République, défendant tous les organismes corporatistes d'enseignants : MAE, CAMIF, MAIF, Syndicat. Il est demeuré longtemps militant. Il achetait tout à la CAMIF, coopérative d'achats créée lors de la période difficile pour l'enseignant.
L'idéologie cadrant l'individu, la tenue irréprochable, le don de soi, tout cela faisait de l'ex-Instituteur un digne représentant de la République. Car malgré son titre de Professeur, Bernard avait conservé son caparaçon acquis à l'Ecole Normale. De nos jours, ce genre de pédagogue manque lourdement.
Lui et le couple.- Il avait une philosophie du couple qui s'était renforcée après sa longue captivité, il me dit souvent qu'il n'y avait rien de plus précieux que la vie à deux. Et pourtant il délectait ce chant en le répétant à satiété : "Si tu veux pas qu'ta femme t'emm...te marie pas, te marie pas (bis) t'emm... d'ra pas!!!...". Il évacuait ainsi le trop-plein dû aux concessions inévitables pour revenir aussitôt vers sa ligne directrice, celle de rendre l'autre heureuse...Elle survécut difficilement à sa disparition. Comment combler l'absence d'un personnage si imposant, débordant de générosité envers tous?
Lui et la cigarette.- vous le découvrez sur toutes les photos avec la cigarette au bec, la plupart du temps éteinte : consommation exagérée en cigarettes blondes reconnues les plus nocives. Au volant, pour lutter contre la monotonie de la route, une "sèche" constamment aux lèvres. Pour éviter les brûlures d'habits, Germaine surnommée Mémène lui a confectionné une "bavette d'adulte". Pour les dégâts causés sur la santé? No comment! Ne demandez pas à ceux qui ont fait la guerre et surtout ceux qui sortent de captivité d'échapper à ce vice. Je fus moi-même pris au piège quand j'étais sous l'uniforme. A l'époque, on distribuait gratuitement ce fameux paquet "Les Lucky's Troupe". J'ai eu toutes les peines à m'en séparer.
Son influence sur mon caractère.- Beaucoup de ressemblance : "Chien qui aboie n'est pas méchant": gueulard, affable, taquin voire provocateur, savourant l'humour, aimant la société. Celle-ci le lui rend bien. Son altruisme sans borne m'a fait découvrir que cette disposition n'appartient à aucun courant de pensée ou de religions, que toutes les idéologies sont bonnes pourvu qu'elles privilégient l'amour et le respect des autres. Au plan professionnel, expérimenté en la matière, lors de mes débuts de directeur, il m'a conseillé de régler les problèmes en évitant de surcharger le bureau des l'Inspecteurs qui ont d'autres soucis. Ce fut vrai pour certains, moins pour d'autres à l'affût du moindre détail...pour mieux cerner ce Gérard qui leur échappait. Mémoire de trente ans de direction! Mais lorsque je fus nommé au poste de responsable : il jubilait! Il a su partager ce moment avec enthousiasme. Les conseils qu'il m'a prodigués m'ont été très utiles.
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Cliché n°1. Entretien de l'appartement de fonction à Mouchard vers1950.
Cliché n°2. Lieutenant en captivité. D'av. arrière, 3°rang, 2° à partir de la g. béret très penché. Une fois de plus, nous remarquons que toute trace du régiment a été supprimée par l'ennemi (plus d'écussons, plus de décorations, plus de grades, pourtant, c'est le bloc à barrettes...). On admettra que la tenue n'est pas souillée par une immatriculation à la manière des bestiaux comme cela se produisait souvent. Comme lors de la 1ère Guerre Mondiale, on cultive son jardin. Observez de part et d'autre du groupe des plantes soigneusement entretenues.
Document n°3 : liste des officiers de la chambrée 85, Bloc III. Identification mentionnée par Bernard Duprat au dos du cliché. Regardez de près, peut-être un de votre famille faisait partie de ceux-là. Trois abréviations sont utilisées : s.Lt - Lt - Cne = Sous-Lieutenant - Lieutenant - Capitaine.
Instantané n°4 : nous sommes en 1965 à Port-Lesney. Bernard joue au dandy. Je fixe sur pellicule cette expression qui lui convient car il aime jouer au séducteur
.
Photo n°5 : cette fois, nous sommes en 1966 à Laguépie (82), à l'ancienne école, sous l'horloge. Il aime y venir. Mon poste lui rappelle ses débuts de carrière et surtout la richesse des cours d'eau pour son passe-temps favori : la pêche. A présent, il semble donner un avis à son fils cadet Guy, en présence de son épouse Germaine à g.
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(1)- L'homme a ceci d'ingrat : sa mémoire défectueuse, ou élective par manque d'objectivité. Roger, par son caractère trompeur, râleur à l'excès, aura tout de même reçu sous son toit, père, mère, belle-mère, oncle, beau-frère, neveu..et ce sur de longs séjours. .Le temps passant sur ces périodes difficiles, héritage de la Guerre, on a tôt fait de tourner la page et de tout oublier pour lui exprimer la moindre reconnaissance. Autant pour Roger, mon beau-père que pour Bernard, j'ai toujours eu de la considération. Ma personnalité s'est bâtie avec une parcelle des uns et des autres. Mais avec ces deux bougres, l'influence a été très forte. Incontestable enrichissement.