Archives, informations, recherches, généalogie, antécédents : Di Costanzo, Balestrieri, David...puis souvenirs scolaires, références musicales...


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1 et 2 : Port-Lesney 3- Toulon (une stèle, le figuier)
Port-Lesney, berceau du franc-comtois Duprat Bernard. Rares sont ceux de Franche-Comté qui arrivent à quitter leur pays, m'a-t-on dit, tant ils sont attachés à leur région. Ici Bernard est chez lui. On ne peut pas en dire autant de son épouse Germaine née Giacometti-David. Il y a en elle la même nostalgie que pour son inséparable frère Roger, installé depuis six ans au bord de la "Belle Bleue" dans le Midi. Frère et soeur n'ont jamais réussi à s'ignorer. Leur mère Marie les a éduqués comme s'ils étaient jumeaux. Ils resteront solidaires jusqu'à leur mort. L'attraction pour la Méditerranée est en eux. Ils n'ont qu'un seul désir : s'y installer. C'est le voeu de beaucoup de Français, me direz-vous. La ferveur qu'ils portent pour le Sud semble venir de leur maman Marie Giacometti, Corse d'origine. Vint à passer le gendarme Alfred David pour transformer l'insulaire en continentale. C'est ainsi qu'au gré des affectations, Germaine et Roger David naîtront à Argenton/Creuse.
Germaine Duprat née David (Giacometti) est née le 29 février 1912. Elle aura donc droit à un anniversaire tous les quatre ans. Son itinéraire est simple. Premières années dans la l'Indre, Ecole Normale, se rend en vacances à l'Ile de Ré avec Bernard Duprat. Nomination dans le pays de ce dernier. Elle finira Directrice d'Ecole à Besançon. Retraite à Toulon. Décède à la suite d'une longue maladie à Reims, chez son fils en 1979. L'hécatombe de décès des Duprat-David a commencé avec Bernard en 74, suivie de son épouse Germaine, de Roger David son frère en 82. La mémée Marie David aurait pu fêter son centenaire. Marquée par le "départ" de tous ces jeunes qui l'ont devancée et qui laissent vides les lieux, elle résoudra à se laisser partir, contrairement à sa légendaire résistance.
Photo n°1 : dans les jardins de l'Alhambra?...Non de Port-Lesney. Bernard Duprat a ses attaches ici. Son jardin, il tient à l'entrenir. Dans le passé, il a suivi une formation agricole. Comme je le connais, tandis que l'on croit qu'il ne fait que sentir la magnifique rose, il joue, il joue devant l'objectif. Homme au développement sensoriel aigu, il apprécie les bonnes choses. Il sait aussi les faire partager. La première à en bénéficier est son épouse. Le cliché témoigne d'une étroite complicité dans le couple.
Photo n°2 : maison où Bernard aime venir. C'est sa jeunesse. Derrière le portail, une large porte au rez-de-chaussée. Ce sera la cuisine d'été de plain pied. L'année où je me suis rendu en visiteur, on venait de tourner en 1966, la "Ligne de Démarcation" un film de Claude Chabrol, avec Jean Yan. La postière de l'époque m'a présenté ce comique sous l'aspect inattendu. Il a fait rire tout le monde dans la salle. Puis, on est venu le chercher "Jean c'est à toi....". Son visage se glaça, il rentra dans le personnage. En une fraction de seconde, il s'est métamorphosé devant la clientèle médusée : il venait de passer du registre comique au registre dramatique. A sa place, à la longue, je crois bien que je finirais névrosé.
Photo n°3 : grimpant l'escalier, c'est Germaine Duprat. Elle est enfin dans son élément : la chaleur, le soleil qu'elle attendait depuis des décennies. Ce document m'est particulièrement cher. En hibernation, Le gigantesque figuier, symbole du bassin Méditerranéen, devenu trop envahissant. Il produit de succulents fruits que délecte Germaine. Les années passées dans les régions de la Creuse, de l'Indre, de la Franche-Comté l'ont rendue "verdurophobe". Elle est heureuse dans un climat sec; Les figues arrivent à mâturité avec une forte teneur en sucre équilibrée par une saveur incomparable. Nous sommes à une dizaine de kilomètres de la fameuse figue de Solliès.
Commentaires. Cet arbre demeure le témoin du travail de mon père Philippe Di Costanzo. Il est arrivé à convaincre qu'un figuier taillé produisait mieux.( Pour les professionnels de la taille, vous devez concéder que les branches tombantes ne sont pas du goût du tailleur, Philippe a voulu les conserver pour permettre à Germaine de se servir depuis le sol, et sans échelle; pour les fruits inaccessibles, son époux a choisi un long roseau ouvert à la pointe comme nous le faisions en Algérie pour cueillir les figues de Barbarie). C'est donc Philippe à 82 ans qui est monté sur cet arbre pour l'ététer et pour lui donner forme. Il a été sollicité par les Duprat, ceux-ci ayant appris que mon père possédait une clientèle quotidienne dans la région : entretien des arbres, des treilles de rosiers. J'ai vu évoluer cet octogénaire, bravant le vertige. Admirable stoïcien.
C'est d'actualité. La retraite d'agriculteur est bien maigre. Il lui faut compenser. S'il demeure sur sa propriété, les produits peuvent encore l'aider à tenir. Mais, dans le cas de figure de mon père, où, pour des raisons politiques indépendantes de sa volonté, tout lui a été réquisitionné, survivre dans un appartement avec les seules subsides d'une maigre retraite est impossible. En 1962, Philippe a 68 ans, d'agriculteur patron le voilà du jour au lendemain journalier.Mais journalier heureux. Plus heureux que confronté aux viscissitudes de propriétaire qu'il a connues sur une terre algérienne généreuse mais ingrate. En 1988, année de son fauchage dans un passage clouté, il en avait 88. Il revenait d'une rude journée. Je voudrais vous y voir, en excluant la pénibilité, vous qui demandez la retraite à la cinquantaine en bonne santé!!! C'est un sexagénaire à la retraite qui a tué un octogénaire toujours en activité. A-t-on perdu le goût du travail?
Mon cher figuier, je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de rappeler simultanément la mémoire des Duprat et de notre cher Philippe Di Costanzo. Si vous passez à la Serinette, à Toulon. N'oubliez pas..... ...